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La direction de Stellantis envisage une augmentation de 2,1% de la masse salariale

[Thibaud MORITZ / AFP]

La direction de Stellantis France a proposé vendredi aux syndicats une hausse de 2,1% de la masse salariale, à l’issue de longues négociations annuelles obligatoires menées à Poissy. Présentée dans un contexte économique tendu pour le groupe, cette proposition est critiquée par plusieurs organisations syndicales.

Après neuf heures de négociations au siège de Stellantis à Poissy, achevées dans la nuit de jeudi à vendredi, la direction a proposé une augmentation de 2,1% de la masse salariale. Dans un communiqué, elle évoque un contexte d’inflation à 0,7% et précise que cette enveloppe anticipe la future directive européenne sur la transparence des rémunérations. L’application de cette hausse reste conditionnée à la signature d’un accord majoritaire.

Une hausse conditionnée à un accord majoritaire

La direction a indiqué que, sans accord majoritaire des organisations syndicales, l’enveloppe serait ramenée à 1,5%. "Dans le cadre d'une année difficile, il s'agit de reconnaître la contribution des collaborateurs avec un budget d'augmentation engagé, préservant le pouvoir d'achat et valorisant la performance individuelle", a déclaré Aude Blanc, directrice des ressources humaines France de Stellantis, citée dans le communiqué.

Selon les modalités présentées, les techniciens bénéficieront d’une augmentation générale de 0,9%, complétée pour 75% d’entre eux par une hausse individuelle de 1%. Les ouvriers auront droit à 1% pour tous, avec 0,9% supplémentaire pour 62% des effectifs. Entre 75% et 80% des cadres recevront une augmentation individuelle, sans hausse générale pour cette catégorie.

Des réactions syndicales contrastées

Pour la CFE-CGC, syndicat majoritaire, cette proposition intègre déjà 0,2% liés à la directive européenne. Laurent Oechsel, délégué syndical central, souligne que la hausse reste supérieure à l’inflation et sera rétroactive, appliquée aux rémunérations dès janvier. Il estime toutefois que les discussions doivent s’inscrire dans une vision de long terme pour l’entreprise.

La CGT a dénoncé une augmentation générale jugée insuffisante. "La direction annonce 1,9% (si l'on retranche les 0,2% liés à une directive européenne), alors que c'est seulement 1% pour 40% de l'effectif", a déclaré Jérôme Boussard. Il critique également un "talon" fixé à 23 euros, qui "ne suffit pas à finir les fins de mois".

Un contexte économique jugé incertain

Force ouvrière a également fait part de sa déception. "Les salariés ne doivent pas faire les frais des mauvaises orientations", a estimé Thierry Giroux. La CFDT s’est montrée plus mesurée, saluant une direction "davantage à l'écoute" et se disant consciente d’un "marché automobile particulièrement tendu".

La semaine dernière, le directeur général de Stellantis, Antonio Filosa, a annoncé que le groupe passerait des charges exceptionnelles de 22 milliards d’euros dans ses résultats 2025. Pour Laurent Oechsel, "un véritable RESET ne se décrète pas d'en haut. Il se construit avec celles et ceux qui font vivre l'entreprise au quotidien".