"Gilets jaunes" : la fiscalité sur les carburants va s'adapter aux fluctuations des prix

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Après avoir admis des erreurs dans ses premières réponses à la colère des "gilets jaunes", le chef de l'État a concédé une modulation des taxes décriées sur les carburants.

Emmanuel Macron assure avoir entendu la colère des "gilets jaunes". Reconnaissant l'existence d'une "crise" à laquelle l'exécutif a apporté jusqu'ici des réponses "trop abstraites", le chef de l'État a proposé mardi une solution concrète pour le pouvoir d'achat des automobilistes : il ne reviendra pas sur la hausse des taxes sur les carburants mais celles-ci seront finalement modulées en fonction de l'évolution des prix à la pompe, afin d'en limiter l'impact pour les Français qui utilisent beaucoup leur voiture.

Seuil à fixer. Le mécanisme, qui doit encore être précisé, doit permettre d'éviter une hausse des prix à la pompe trop brutale pour les consommateurs, subie à cause du contexte international. En cas de forte augmentation du prix du baril de pétrole, la hausse des taxes serait donc mise entre parenthèses, le temps que le prix des carburants retrouve un niveau acceptable, indique-t-on à l'Élysée. La hausse prévue au 1er janvier dans le projet de loi de finances 2019 est estimée à 3,5 centimes pour l'essence et entre 7 et 8 centimes pour le diesel. Le seuil d'annihilation de la hausse des taxes sera discuté au Parlement dans le cadre du débat sur le budget.

"Traiter la fin et du monde et la fin du mois". Le président de la République a commencé par reconnaître une mauvaise gestion des revendications des "gilets jaunes". "Les réponses que nous apportons sont trop abstraites : les gens nous parlent souffrance, on leur répond chèque énergie", a admis Emmanuel Macron avec une franchise étonnante, en référence aux annonces faites la semaine précédente par le Premier ministre pour rendre plus accessible financièrement la transition écologique.

 

"Je refuse que la transition écologique accentue les inégalités entre territoires et rendent plus difficile encore la situation de nos concitoyens qui habitent en zone rurale ou en zone périurbaine", a déclaré le chef de l'État dans un discours à l'Élysée. "Ce que je veux faire comprendre aux Français, notamment à tous ceux qui disent en quelque sorte 'on entend le président de la République, on entend le gouvernement, ils évoquent la fin du monde et nous on parle de la fin du mois'. C'est que nous allons traiter les deux, et que nous devons traiter les deux", a-t-il assuré en réponse au mouvement des "gilets jaunes". 

Une concertation de terrain. À ce titre, Emmanuel Macron a également annoncé une "grande concertation de terrain sur la transition écologique et sociale", qui doit permettre "dans les trois mois qui viennent" de répondre à la colère des "gilets jaunes" en élaborant des "solutions", des "méthodes d'accompagnement". Pour le chef de l'État, qui entend changer de "méthode" mais pas de cap, cette concertation devra être déclinée sur tout le territoire et associer associations, élus et "représentants des gilets jaunes", notamment.