Les salariés des industries électriques et gazières se mobilisent contre la réforme du "tarif agent", un avantage historique qui réduit fortement leur facture d’énergie. Dans le viseur de la Cour des comptes, ce dispositif vieux de près de 80 ans pourrait être revu par le gouvernement.
Les salariés des industries électriques et gazières se mobilisent pour défendre leur "tarif agent". Ce tarif préférentiel, qui réduit drastiquement leur facture d’énergie, est aujourd’hui remis en cause par le gouvernement, après les critiques de la Cour des comptes. Ce dispositif concerne environ 140.000 salariés et 160.000 retraités du secteur. Mis en place en 1946, il fait partie des avantages historiques accordés aux agents des industries électriques et gazières.
Mais ce totem social est désormais dans le collimateur des magistrats financiers. Dans un rapport publié en juillet, la Cour des comptes estime que l’écart entre ce tarif préférentiel, qui représente environ 2% du prix réel de l’énergie, et ce qui est payé par les consommateurs est devenu trop important. Selon elle, cet avantage a coûté plus de 700 millions d’euros en 2024 à l’échelle du groupe EDF.
"L’avantage en nature énergie est un élément de notre rémunération"
Le gouvernement réfléchit donc à une mise en conformité du dispositif. Une perspective qui provoque la colère des syndicats, qui voient dans cette réforme une attaque directe contre le pouvoir d’achat des salariés et retraités concernés. "Quel salarié peut accepter que son pouvoir d’achat soit renié de 1.000 euros par an ? C’est une opération de racket fiscal. Pour nous, c’est inacceptable", s’indigne Alexandre Grillat, secrétaire général de la CFE Énergies.
Pour les syndicats, le tarif agent ne doit pas être présenté comme un simple privilège, mais comme un élément de rémunération. "L’avantage en nature énergie est un élément de notre rémunération. C’est comme si le gouvernement décidait de baisser les salaires dans une entreprise, tout simplement parce qu’il a besoin d’argent", poursuit Alexandre Grillat.
La mobilisation s’annonce importante. Une délégation doit manifester devant le ministère de l’Économie et espère être reçue. Pour l’heure, le mouvement ne devrait pas avoir de conséquences majeures sur le réseau. Mais les syndicats préviennent déjà : si le conflit s’enlise, des actions plus radicales ne sont pas à exclure. Le sujet est inflammable, tant il touche à un avantage ancien, symbolique et très concret pour des centaines de milliers de foyers.