Shell envisagerait de quitter progressivement son réseau de stations-service en France après BP et Esso. En cause, la fiscalité élevée, une pression réglementaire et la concurrence des grandes surfaces. Le marché français du carburant devient moins rentable pour les majors.
Shell prêt à réduire encore sa présence en France. Le groupe pétrolier britannique Shell envisagerait de poursuivre son désengagement du marché français de la distribution de carburants. Après avoir exploité près de 900 stations-service, il n'en resterait aujourd’hui qu'environ 85, principalement situées sur les axes autoroutiers.
Cette dynamique s'inscrit dans un mouvement plus large de retrait progressif des grands groupes pétroliers internationaux, à l'image de BP et Esso.
Un marché français jugé moins rentable
Pour les acteurs du secteur, la France n'apparaît plus comme un territoire attractif. La combinaison de plusieurs facteurs pèse sur la rentabilité :
- une fiscalité jugée élevée
- un cadre réglementaire contraignant
- une baisse progressive de la consommation d'hydrocarbures.
Selon Olivier Gantois, président de l'Union française des industries pétrolières, les majors privilégient désormais les marchés où la demande énergétique continue de croître.
La pression des grandes surfaces au cœur du modèle français
Autre élément déterminant, la concurrence des grandes surfaces. En France, elles ont massivement investi le marché du carburant, utilisé comme produit d'appel.
Francis Pousse, président national carburant chez Mobilians, souligne un déséquilibre structurel : "Les hypermarchés capteraient environ 65 % du marché via près de 5.000 points de vente, exerçant une forte pression sur les prix et réduisant les marges des opérateurs traditionnels".
Un paysage dominé par quelques acteurs restants
Si le retrait de Shell se confirme, le marché français pourrait se concentrer autour de deux grands groupes intégrés TotalEnergies et Eni. Ces acteurs restent présents sur l'ensemble de la chaîne : exploration, production, raffinage et distribution.
Le mouvement de désengagement des majors traduit une transformation structurelle du marché français. Entre transition énergétique, pression concurrentielle et évolution des usages, les réseaux historiques de stations-service se réduisent progressivement.