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Carburants : pourquoi la France dépend davantage des importations américaines sur le diesel ?

La flambée des prix du diesel s'explique aussi par une profonde réorganisation des flux mondiaux d'approvisionnement. Invité d'Europe 1 matin, Philippe Casbas, président de l'Ufip Énergies et Mobilités, a détaillé l'origine du gazole consommé en France et les conséquences des tensions géopolitiques sur le marché.

Alors que près de la moitié du gazole consommé en France est importée, la question de son origine est devenue centrale. Philippe Casbas, président de l'Ufip Énergies et Mobilités indique que les approvisionnements proviennent désormais "principalement [des] États-Unis pour le moment", mais également "un petit peu de la côte africaine et du Canada". Une situation qui illustre la transformation rapide des circuits d'approvisionnement énergétiques à l'échelle mondiale.

Selon le président de l'Ufip Énergie et Mobilité, cette évolution est directement liée aux conséquences de l'embargo visant la Russie. Le marché s'est réorganisé et les volumes qui alimentaient autrefois certaines régions du monde ont dû être remplacés par d'autres fournisseurs. Cette redistribution des flux a intensifié la concurrence entre acheteurs pour accéder aux mêmes cargaisons de carburant.

Un "jeu de dominos" qui pèse sur les prix

Pour expliquer la situation, Philippe Casbas évoque un véritable "jeu de dominos". Selon lui, la Russie alimentait auparavant des pays qui n'avaient pas adopté certaines mesures d'embargo. La modification de ces échanges a créé de nouveaux besoins sur le marché international, poussant davantage d'acteurs à se tourner vers les mêmes sources d'approvisionnement que l'Europe.

Cette pression supplémentaire intervient dans un contexte déjà tendu pour le diesel. Plus tôt, le président de l'Ufip Énergie et Mobilité soulignait que les capacités mondiales de raffinage sont contraintes, notamment pour le gazole. La combinaison de ces difficultés logistiques et de cette réorganisation géopolitique contribue à maintenir les prix des carburants à des niveaux élevés, malgré le reflux engagé du prix du pétrole brut.