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Prix des carburants : le patron d'Intermarché appelle l'État à «réduire sa marge»

[Daniel Perron / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP]

"L'État doit surtout prendre ses responsabilités", a affirmé Thierry Cotillard, patron du Groupement Mousquetaires/Intermarché, selon qui l'État doit "réduire sa marge" pour faire baisser le prix des carburants.

Le patron du Groupement Mousquetaires/Intermarché Thierry Cotillard a proposé lundi que l'État "réduise sa marge" pour contenir la hausse du prix des carburants liée à la guerre au Moyen-Orient, lors d'une conférence au salon Franchise Expo à Paris. "Plutôt que de nous mettre la pression sur nos marges, (il faut...) que l'État réduise sa marge et ça va aller beaucoup mieux", a déclaré Thierry Cotillard.

"L'État doit surtout prendre ses responsabilités", a-t-il insisté, assurant qu'"il n'y aurait pas d'explosions de résultats dans les stations des Mousquetaires". Contacté par l'AFP pour préciser les propos de son patron, Intermarché a indiqué qu'il "s'engageait à une marge minimale et à répercuter directement et intégralement toute baisse (du cours du pétrole, NDLR) aux consommateurs".

L'État, "grand gagnant" de la hausse du prix de l'essence

Le PDG de Coopérative U Dominique Schelcher avait déjà estimé, jeudi dernier, que l'État était le "grand gagnant" de la hausse du prix de l'essence car "plus de 51% du prix que vous payez à la pompe part directement dans les poches de l'État".

Thierry Cotillard a jugé "assez malhonnête intellectuellement" l'accusation faite aux distributeurs d'augmenter exagérément les prix des carburants. Il avance comme ses concurrents que l'essence est "un produit d'appel" pour faire venir les consommateurs dans les supermarchés et que les distributeurs n'ont pas intérêt à tenter de "gratter" de la marge.

Aucune décision après la réunion de jeudi dernier

La réunion convoquée jeudi dernier au ministère de l'Économie avec les distributeurs de carburants n'avait débouché sur aucune décision quant à un éventuel encadrement des prix. Le ministère de l'Économie avait réfuté le fait que l'État soit le "grand gagnant" de la hausse du prix des carburants, expliquant que la plus grande part des recettes liées au carburant "ne dépendait pas du prix du carburant". "La seule part qui va augmenter quand les prix augmentent, c'est la TVA", fixée à 20%, avait ajouté le ministère.