Alors que les vagues de canicule s'enchaînent, les climatiseurs et ventilateurs manquent dans les magasins. Les commerçants peinent à absorber la demande principalement à cause d'une absence d'anticipation.
Un nouvel épisode de fortes chaleurs débute ce lundi, le troisième en un mois, pour des Français déjà éprouvés et pour certains toujours dépourvus de climatiseurs ou de ventilateurs, introuvables en rayon. La situation ne devrait pas aller en s'arrangeant. Les gérants du e-commerce par exemple promettent au mieux des livraisons à la fin de l'été. Pourquoi les commerçants ne parviennent-ils pas à absorber la demande ?
Des prévisions déjouées
Les vendeurs ont passé commande l'hiver dernier en fonction des prévisions de vente estivale. Ces prévisions ont été déjouées par les canicules précoces qui ont fait exploser la demande dès la fin du mois de mai. 95% des climatiseurs viennent d'Asie, ce qui allonge le délai de réapprovisionnement.
"Il y a une inadéquation entre les prévisions des ventes et la consommation réelle. Ce sont des délais assez longs d'approvisionnement par bateau entre 6 à 10 semaines. Quand vous avez fait une erreur d'estimation de la consommation, vous pouvez rectifier votre erreur que 10 semaines plus tard" , explique Yves Guilhot, expert chez FSO Management.
Le risque de la surcommande
Pour les commerçants, surcommander n'est pas une option. "S'ils commandent trop et qu'ils ont des invendus, ils risquent de se retrouver avec un stock qu'ils vont devoir conserver pendant un an, poursuit Yves Guilhot. Le coût de la manutention, du stockage et de l'assurance représente à peu près 15% de la valeur du produit. Les commerçants qui surcommandent ont dégradé leur marge de 15%".
Autre facteur de rupture, l'État et les collectivités qui ont commandé des dizaines de milliers de climatiseurs pour les hôpitaux, les EHPAD et les écoles, contribuant ainsi à vider les stocks.