Sébastien Lecornu réunit son gouvernement, ce jeudi 17 septembre, à Matignon pour un nouveau séminaire consacré au budget 2027. À dix jours de boucler sa copie, le Premier ministre doit trouver des économies, tout en finançant les urgences de cette année.
Nouveau rendez-vous décisif pour le gouvernement. Ce jeudi après-midi, Sébastien Lecornu réunit ses ministres à Matignon pour un séminaire consacré en grande partie au prochain budget. Le Premier ministre n’a plus que dix jours pour boucler sa copie, et l’équation apparaît de plus en plus difficile.
D’abord les ministres, puis les Français. Sébastien Lecornu doit présenter ses choix cet après-midi lors d’un séminaire organisé sans téléphone, avant d’exposer les grandes orientations du projet de budget 2027 dans la presse. L’objectif est clair, il faut expliquer où l’État compte économiser l’an prochain.
L'objectif est de préserver l’activité et l’emploi
Mais les urgences de cette année n’attendent pas les arbitrages budgétaires. Face à la flambée des carburants et aux tensions sociales, Matignon a demandé de prolonger jusqu’au 31 décembre les aides ciblées au carburant pour les secteurs les plus exposés, comme les agriculteurs, les entreprises du BTP ou encore les pêcheurs.
L'objectif est de préserver l’activité et l’emploi, alors que les blocages de dépôts pétroliers et les appels à manifester en référence aux Gilets jaunes inquiètent l’exécutif. Mais cette réponse a un coût, au moment même où le gouvernement cherche à réduire les dépenses.
La France continue certes d’emprunter sans difficulté sur les marchés. Mais elle emprunte de plus en plus cher. Les intérêts de la dette devraient atteindre 65 milliards d’euros cette année, soit 4,5 milliards de plus que prévu, selon les dernières prévisions de Bercy.
Cette facture réduit encore les marges de manœuvre du Premier ministre. Sébastien Lecornu doit donc trouver des économies pour 2027, tout en assumant de nouvelles dépenses d’urgence dès 2026. C’est tout le paradoxe de la séquence budgétaire : l’exécutif veut envoyer un signal de sérieux, mais il doit aussi répondre à la colère sociale qui monte.