Bruxelles confirme l’interdiction de la fusion entre Siemens et Alstom

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La fusion entre les deux plus gros fabricants de trains en Europe a été retoquée par Bruxelles.
La fusion entre les deux plus gros fabricants de trains en Europe a été retoquée par Bruxelles. © HAUKE-CHRISTIAN DITTRICH / DPA / AFP
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Bruxelles motive sa décision, largement attendue, par le risque que ferait courir cette fusion à la concurrence sur le marché ferroviaire de l'Union européenne.

Bruxelles a interdit mercredi le projet de fusion entre le français Alstom et l'allemand Siemens, estimant ce mariage néfaste pour la concurrence sur le marché ferroviaire de l'Union, selon un communiqué publié mercredi. Cette décision de la Commission européenne était largement attendue, le ministre français des Finances Bruno le Maire, très critique de ce veto, ayant confirmé dès mercredi matin ce que tout le monde supputait.

Un risque de hausse des prix. Bruxelles a interdit mercredi la fusion entre le français Alstom et l'allemand Siemens au grand dam de Paris et Berlin, fervents partisans de la création d'un champion européen du ferroviaire pour faire face à la concurrence chinoise. "La Commission a interdit la concentration parce que les entreprises n'étaient pas disposées à remédier aux importants problèmes de concurrence que nous avons relevés", a déclaré Margrethe Vestager, Commissaire chargée de la Concurrence, lors d'une conférence de presse à Bruxelles. "En l'absence de mesures compensatoires suffisantes, cette concentration aurait entraîné une hausse des prix pour les systèmes de signalisation qui assurent la sécurité des passagers et pour les futures générations de trains à très grande vitesse", a ajouté la Danoise.

L'agacement de l'exécutif français. Cette décision était largement attendue. Grillant la politesse à l'exécutif européen, le ministre français des Finances Bruno le Maire a confirmé mercredi matin ce que tout le monde supputait. "Je crois que les jeux sont faits", a affirmé le ministre sur la chaîne de télévision France 2, parlant d'une "erreur économique" qui "va servir les intérêts" de la Chine.

Une décision "complètement à côté de la plaque", a estimé pour sa part la secrétaire d'Etat à l'Economie Agnès Pannier-Runacher, qui juge nécessaire de faire évoluer les règles concurrentielles en Europe. "Ne pas construire une analyse de la concurrence en prenant en compte ce qui se passe sur le plan mondial [...] c'est de mon point de vue appliquer des règles du XXe siècle à une économie du XXIe siècle. On est complètement à côté de la plaque", a-t-elle déclaré sur BFM Business.

 

Un droit de veto. Margrethe Vestager s'était inquiétée à maintes reprises des effets du rapprochement Siemens/Alstom. Il réduirait le nombre d'industriels rivaux dans l'Union, ce qui risquerait de faire monter les prix des trains pour les compagnies ferroviaires, et celui des billets pour les consommateurs.

La Commission européenne, qui dispose depuis 1989 d'un droit de veto sur les grands projets de fusion, n'en a pas souvent fait usage. En près de trente ans, plus de 6.000 fusions ont été approuvées et moins d'une trentaine ont été bloquées.Depuis le début de son mandat, fin 2014, Margrethe Vestager n'avait interdit que trois rapprochements, jusqu'à ce jour.