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Au péage du pont de l'île de Ré, la fin des agents en cabine, parmi les derniers de France

[JEAN-PIERRE MULLER / AFP]

Comme partout en France, le péage de l'île de Ré sera entièrement automatisée dès ce lundi. Il s'agissait de l'un des derniers péages de France qui n'était pas entièrement automatisé. 

Lundi, plus un seul agent ne travaillera dans les cabines du péage du pont menant à l'île de Ré, l'un des derniers en France où le paiement n'était pas encore entièrement automatisé.

Le département de Charente-Maritime, gestionnaire de l'ouvrage, a entamé en octobre 2025 des travaux d'un montant de 3,6 millions d'euros pour automatiser l'intégralité des neuf voies de cette gare de péage, où quatre cabines "manuelles" étaient encore en service, avec un "receveur" chargé de récolter l'argent pour franchir le pont. Les bornes automatiques seront toutes officiellement opérationnelles en juin.

Jusqu'à 30 agents sur le péage au pic de la saison

"Nous étions l'une des dernières gares en France avec des agents en cabine jour et nuit", indique Mathieu Mitaranga, adjoint du chef de service du péage du pont de Ré. "L'objectif global est d'avoir le maximum de voies ouvertes toute l'année. En raison d'aléas humains, il nous est arrivé de devoir fermer des cabines alors que nous faisions face à une forte affluence", poursuit le responsable qui évoque "beaucoup de turn-over" en raison de "conditions de travail difficiles", entre "horaires de nuit ou décalés" et "rémunérations faibles".

Mis en service le 19 mai 1988, l'ouvrage a vu sa fréquentation annuelle plus que doubler en près de 40 ans, passant de 1,5 million d'usagers en 1989 à 3,4 millions actuellement. En haute saison, jusqu'à 30 agents travaillaient en cabine, sur des postes de vacataires majoritairement polyvalents puisqu'ils pouvaient aussi intervenir au sein d'un local de surveillance ou du point de vente.

"Ça va me manquer un peu quand même"

Ils ne seront plus que 16. "Les contrats de vacation étaient prévus pour s'arrêter à la date de l'automatisation. Les agents étaient prévenus", précise M. Mitaranga. Paul Bouyer, 27 ans, recruté en 2021 en tant que "surveillant receveur", fait partie des vacataires titularisés qui exécuteront désormais uniquement des missions de surveillance.

Il est "partagé" sur cette évolution. "Je suis content que ça s'arrête mais ça va me manquer un peu quand même. C'est plus un gagne-pain qu'un boulot de rêve, ce n'est pas toujours facile. Avec la fenêtre toujours ouverte, on est exposés aux intempéries, à la pollution. Mais les gens étaient souvent contents de nous voir", témoigne-t-il. Pour fluidifier le trafic, un projet de troisième voie sur le pont réservée aux transports collectifs a également été étudié mais abandonné en raison de son coût estimé (45 millions d'euros).