Après le veto de Bruxelles, Alstom enterre le projet de fusion avec Siemens

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© HAUKE-CHRISTIAN DITTRICH / DPA / AFP
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Alstom a fait savoir mercredi, après le veto de l'UE à son rapprochement avec Siemens, qu'il allait finalement "se concentrer sur la poursuite de sa croissance". 

Le groupe français Alstom a indiqué mercredi qu'il renonçait à son rapprochement avec les activités ferroviaires de l'allemand Siemens, après le veto de la Commission européenne. "Le rapprochement n'aura pas lieu" et "Alstom va désormais se concentrer sur la poursuite de sa croissance en tant que leader mondial du secteur de la mobilité", a indiqué le constructeur ferroviaire dans un communiqué. Siemens, de son côté, a laissé entendre qu'en cas de refus, il n'excluait pas une introduction en Bourse de sa rentable branche Mobility.

Modifier les règles européennes. Par ailleurs, Paris et Berlin prévoient une initiative pour reformer les règles européennes de concurrence et faire face à la Chine, a annoncé mercredi le ministre allemand de l'Économie après l'interdiction par Bruxelles de la fusion d'Alstom et Siemens. "Nous sommes convaincus que nous devons repenser et modifier les règles européennes de la concurrence", a déclaré Peter Altmaier (CDU), en annonçant "la préparation d'une initiative germano-française" en la matière, sans en préciser à ce stade les contours.

"Parvenir encore à une solution". Le ministre français des Finances Bruno Le Maire avait dénoncé plus tôt mercredi "des règles obsolètes" et promis des propositions communes avec l'Allemagne. Selon lui, il s'agirait de prendre le marché mondial comme référence et non plus seulement l'européen, et de donner aussi la parole aux chefs d'Etat européens. Peter Altmaier a dès lors dit examiner la décision d'interdire la fusion Alstom/Siemens, se disant "confiant" dans les chances de "parvenir encore à une solution" dans ce dossier.

De son côté, le Premier ministre Edouard Philippe a qualifié la décision de Bruxelles de "mauvaise décision" prise "sur de mauvais fondements", tandis que le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux l'a qualifié de "faute économique et politique". 

Pour ses partisans, la fusion Alstom et Siemens devait créer un champion européen à même de faire face à la concurrence chinoise, mais pour Bruxelles le consommateur européen se retrouverait lésé par un tel mastodonte en position dominante.

Paris et Berlin veulent réformer les règles européennes de concurrence. Le ministre allemand de l'Économie a annoncé que Paris et Berlin prévoient une initiative pour reformer les règles européennes de concurrence et faire face à la Chine. "Nous sommes convaincus que nous devons repenser et modifier les règles européennes de la concurrence", a déclaré Peter Altmaier (CDU), en annonçant "la préparation d'une initiative germano-française" en la matière.