Apprentissage : on a passé plusieurs jours dans la peau d'un apprenti

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Notre journaliste Stéphane Place a vécu quelques jours le quotidien des apprentis de l'Aérocampus de Latresne, près de Bordeaux.
REPORTAGE

Chaque année, environ 140 apprentis arrivent de tout l'Hexagone sur cet énorme site qui prépare au bac pro aéronautique ou au BTS aéronautique. Plongée dans les coulisses de l’Aérocampus de Latresne, près de Bordeaux à l'occasion de la journée spéciale de l'apprentissage, sur Europe 1.

Un emploi du temps chargé. Le début de journée commence dans un immense hangar et non pas dans une salle de classe. Des apprentis en deuxième année de maintenance aéronautique sont répartis en binômes, par deux formateurs, sur différents aéronefs installés dans ce hangar. L'objectif ? Trouver la panne, dont il faut comprendre l'origine sur chaque appareil. Les étudiants ont deux heures.

Trois semaines en entreprise, puis trois semaines en cours, apprenti, c’est d’abord un emploi du temps chargé. "C'est 35 heures par semaine, avec des emplois du temps qui changent constamment. On peut avoir quatre heures d'atelier, ou bien quatre heures de théorie. L'idéal, c'est de bosser tous les soirs, parce que la théorie, il faut quand même l'appliquer à l'atelier", explique Alexis, 21 ans.

"Être autonome". Sur cet Aérocampus, près de Bordeaux, on peut donc obtenir un BTS via l'apprentissage, mais également un bac pro. On retrouve ainsi des apprentis dans la salle de simulation de l’A320. Devant chaque élève, deux grands écrans d’ordinateur où apparaissent les commandes, la soute de cet Airbus. Le cours est très technique, en anglais, il faut bien suivre. D'autant plus que le formateur, qui a passé seize ans dans la maintenance aéronautique, demande à ses apprentis de réagir aux pannes qui s'affichent sur l’écran.

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© Stéphane Place - Europe 1

Déjà titulaire d'un Bac S, Sofiane, 19 ans, a pensé à cette filière et à l’apprentissage lorsqu'il était en Terminale. Il est ravi d’avoir choisi cette voie à plus d'un titre. "L'apprentissage, cela permet vraiment d'être autonome, déjà financièrement. J'ai mon appartement, mon permis, ma voiture. On est des salariés comme les autres", confie-t-il.

Apprentissage : on a passé plusieurs jours dans la peau d'un apprenti

Le regard sur l'apprentissage. Ici, dans cette filière, les candidats à l’apprentissage sont de plus en plus nombreux chaque année. Les demandes dépassent d'ailleurs le nombre de places disponibles. Terminé le cliché de "la formation au rabais pour les élèves en échec scolaire", ou presque. "Des parents peuvent parfois avoir un regard négatif", explique Karine Hilairet, responsable de la filière aéronautique du Centre de formation des apprentis de l’Industrie Aquitaine. "Du côté de l'Education nationale aussi, il arrive que je trouve encore des appréciations, venant d'établissements scolaires, de proviseurs indiquant que tel élève a un niveau catastrophique, un comportement qui ne convient pas, et qu'il faut donc qu'il parte en apprentissage".

Europe 1
Par Stéphane Place, édité par G.P.