Quand Game of Thrones inspire une typologie des entrepreneurs

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Philippe Laval était l’invité de David Abiker dans "C’est arrivé demain", dimanche, pour parler de son ouvrage se basant sur la série américaine pour dresser le portrait de figures du management.

"L’hiver arrive et les héros se battent pour que cela n’arrive pas". Dans le livre de l'entrepreneur Philippe Laval, Winter is not coming, l'hiver, c’est la crise économique dans un monde en pleine mutation. Le fondateur et CEO de la start-up Evercontact était l'invité dimanche sur Europe 1 de David Abiker, dans C'est arrivé demain, pour parler de son ouvrage consacré aux nouveaux profils de l'entreprenariat.

Original sur le fond et sur la forme, l'essai s'appuie sur les personnages de la série au succès planétaire Game of Thrones, ("GoT", pour les fans) pour identifier les profils des grands entrepreneurs et appliquer les leçons de cette saga incontournable au milieu du management. Son titre est d'ailleurs un détournement du slogan célèbre de "GoT". 

"J'ai vu en eux des figures de management". 'Tous les jours je me bats contre moi-même, contre la peur, contre des géants", explique Philippe Laval. Or, dans la série américaine de fantasy médiévale, "c’est la même chose", soutient Philippe Laval. "Game of Thrones est un univers en combat permanent, ce sont des héros incroyables. Et j’ai vu en eux des figures de management, avec chacun ses qualités et ses défauts", raconte l'entrepreneur, qui souhaitait partager "ce que j’ai appris dans les 30 dernières années". Ce n'est pas la première fois que la série inspire des comparaisons : en décembre dernier, Emmanuel Cosse, la patronne d'Europe Ecologie Les Verts, avait ainsi filé la métaphore avec le milieu politique. 

"Les modèles classiques ne marchent plus". Avec ces portraits décalés de leaders, Philippe Laval aspirait d'abord à sortir des figures traditionnelles du chef, qui ne correspondent plus à la réalité. "Les modèles classiques ne marchent plus", avance-t-il. D’ailleurs, dans Game of Thrones, "les trois chefs qui auraient vraiment le pouvoir, qui sont Ned Stark, Robert Baratheon et Twin Lannister, meurent", étaye l’entrepreneur. "Ils sont dévastés, éliminés par des nouveaux qui arrivent avec de nouvelles règles et qui, le plus souvent, ne cherchent pas le pouvoir. Ils le prennent, d’une certaine manière, à leur corps défendant".

Car pour Philippe Laval, les meilleurs chefs sont ceux qui émergent naturellement, pas nécessairement ceux que l'on recrute. Des leaders qui "émergent de la base, qui deviennent chefs parce que les gens autour d’eux en font des chefs, plutôt que des leaders imposés de castes ou de grandes écoles", développe-t-il. Des profils que l'on pourra aisément discerner au cœur de la série.

"Le plus important pour être chef est de ne pas avoir peur". "Tous les personnages ne sont pas sans foi ni loi, ils se battent justement contre ce côté", souligne-t-il. Pour exemple, Tyrion Lannister est "extrêmement manipulateur au début, presque maléfique. Mais petit à petit, il devient bon". Quant à Jon Snow, devenu lord Commandant de la Garde de Nuit malgré lui, au départ, "c’est un bâtard". "Il essaie de faire le bien malgré lui". Tous ces héros "cherchent à faire le bien, parfois très maladroitement et en faisant beaucoup de mal autour d’eux", conclut Philippe Laval. 

Alors finalement, qu’est-ce qu’un bon chef ? "Le plus important pour être chef aujourd’hui est de ne pas avoir peur et de savoir écouter", estime Philippe Laval, pour qui un leader actuel doit être "résiliant", "continuer à apprendre" et rester "humble", capacité que l’on retrouve beaucoup chez Jon Snow.  

>> Retrouvez sur Europe 1 tous les dimanches de 9 à 10 heures, l'émissiod Abiker

 

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Par Europe 1
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