"Le Deuxième sexe" de Simone de Beauvoir, sorti en 1949, a révolutionné l'histoire. A l'occasion du 40e anniversaire de la mort de son autrice, il entre dans la prestigieuse Pléiade.
Livre fondateur du féminisme, "Le Deuxième Sexe", publié en 1949 chez Gallimard et interdit par le Vatican, entre dans la Pléiade jeudi, à l'occasion du 40e anniversaire du décès de son autrice, la philosophe et romancière Simone de Beauvoir.
Un texte aussi fondateur que complet
"Il est rare qu'un livre change la face des choses: 'Le Deuxième Sexe' l'a fait. C'était en 1949 et son ferment continue d'agir", rappelle Gallimard, en annonçant sa sortie dans sa prestigieuse collection, sous le numéro 683.
La philosophe (1908-1986), compagne de Jean-Paul Sartre, "sape" dans ce livre "les fondements d'un ordre ancestral, en contestant la domination dans laquelle les femmes sont maintenues par les hommes".
Elle "bat en brèche l'existence d'un instinct maternel, de même qu'elle aborde frontalement des thèmes alors tabous, comme la sexualité féminine", qui vaudra à l'ouvrage sa mise à l'Index par le Vatican en 1956 car jugé contraire à la foi catholique.
Le livre, pour lequel l'autrice a rassemblé une énorme documentation, traite autant d'histoire, de biologie, de physiologie, de psychanalyse, de sociologie que d'anthropologie. Mais également de littérature puisque Simone de Beauvoir convoque des exemples tirés des œuvres des grandes romancières qui l'ont précédée, telles Colette, Virginia Woolf, Edith Wharton, Katherine Mansfield ou Carson McCullers.
Une édition mythique
A l'occasion de cet anniversaire, Gallimard, qui a sorti le 5 mars en Folio Essais "Idéalisme moral et réalisme politique" de la même autrice, publiera également le 2 avril "Une fois que les femmes ont ouvert les yeux : écrits et paroles féministes, 1947-1985".
Cette édition rassemble des écrits mémoriels, des préfaces et des interventions écrites ou audiovisuelles, des années 1950 aux "années (Yvette) Roudy, lorsque Beauvoir soutient le ministère des Droits de la femme et pense un féminisme sans frontière", précise Gallimard.