Présentés comme des solutions miracle pour perdre du poids rapidement, l’Ozempic et le Wegovy suscitent une indignation de la part des professionnels. Invité dans "Culture Médias", le professeur Boris Hansel met en garde contre les dérives de ces traitements amaigrissants et rappelle que l’obésité est une maladie chronique.
Quelques kilos en trop, une injection et tout s’efface ? L’Ozempic et le Wegovy sont loin d’être des solutions miracles. Invité de l’émission Culture Médias, le professeur Boris Hansel, chef de l’unité Nutrition Prévention à l’Hôpital Bichat à Paris, a tenu à remettre les pendules à l’heure sur les médicaments amaigrissants comme l’Ozempic et le Wegovy. Présentés par certains comme des traitements "miracles" pour perdre du poids rapidement, ces médicaments suscitent un engouement croissant, mais aussi de nombreuses dérives. Pour le spécialiste, il est essentiel de rappeler une chose : "On ne guérit pas l’obésité avec ces médicaments".
L'obésité, une maladie à ne pas prendre à la légère
Ces traitements reposent sur des molécules appelées agonistes du GLP-1, qui reproduisent l’effet d’hormones naturellement fabriquées par le tube digestif. À l'origine, ces médicaments ont été développés pour traiter le diabète. Mais les chercheurs ont rapidement observé un autre effet majeur celle d'une diminution de l’appétit.
"Ces molécules simulent l’effet d’hormones qu’on a naturellement dans l’organisme", explique Boris Hansel. Elles agissent de deux façons, d’abord au niveau de l’estomac, ensuite au niveau du cerveau. Résultat : certains patients ressentent une nette diminution de leurs envies de sucre, de grignotage, voire même une baisse de l’attirance pour l’alcool.
Aujourd’hui, ces traitements se présentent principalement sous forme d’injections, administrées soit quotidiennement, soit une fois par semaine selon la molécule. "Le problème, ce n’est pas le médicament, c’est la manière dont il est prescrit", insiste Boris Hansel. Selon lui, ces traitements sont trop souvent donnés comme une solution rapide à des personnes en difficulté avec leur poids, sans véritable prise en charge globale.
Or, l’obésité n’est pas simplement une question d’appétit ou de manque de volonté. C’est une "maladie chronique, complexe et multifactorielle". Elle peut être liée à des troubles du comportement alimentaire, à des facteurs psychologiques, à des déséquilibres métaboliques, ect. Réduire la prise en charge à une simple injection serait donc une erreur.
Attention à l'usage de ces médicaments
"On voit trop de patients qui arrivent avec le médicament prescrit comme ça, comme si, parce qu’ils n’arrivent pas à changer leurs habitudes, on leur donnait juste un médicament pour maigrir. Là, ça peut être une catastrophe", alerte le médecin.
Le spécialiste appelle ainsi à une meilleure formation de tous les acteurs, médecins, soignants, patients, mais aussi journalistes. Il rappelle que ces traitements doivent être encadrés par des professionnels formés à la prise en charge de l’obésité. "On ne va pas voir un médecin pour se faire prescrire un médicament, on doit aller voir un médecin pour soigner une personne en situation d’obésité", résume-t-il.
Face à l’explosion de la demande d'Ozempic ou de Wegovy, Boris Hansel invite donc à la prudence. Oui, ces médicaments peuvent être utiles. Oui, ils représentent une avancée importante dans la lutte contre l’obésité. Mais non, ils ne sont pas magiques. L’obésité est une maladie chronique qui nécessite un accompagnement durable et accompagné.