Michel Vaujour sur ses 27 ans de prison : "Je suis infiniment heureux, j'ai une énorme capacité à ressentir la joie"

, modifié à
  • A
  • A
Voir la vidéo sur Dailymotion
Partagez sur :
Au micro de Nikos Aliagas, Michel Vaujour revient sur son passé de braqueur et sur son autobiographie, "L'amour m'a sauvé du naufrage".
INTERVIEW

Il a passé 27 années en prison, dont 17 complètement isolé du monde, après avoir pris une balle dans la tête lors de sa cavale. Invité jeudi de Nikos Aliagas, Michel Vaujour, ancien braqueur et roi de l’évasion, dévoile les détails de son "ancienne" vie dans son autobiographie intitulée L’amour m’a sauvé du naufrage, publiée chez XO éditions.

"Je suis plus heureux que beaucoup de gens". "En prison, j'ai vite compris qu'il allait falloir survivre, mais je n'ai jamais été détruit", dévoile Michel Vaujour au micro d'Europe 1. "Je ne me laissais pas enfermer dans mon stress, c'est devenu une discipline, ça m'a beaucoup apporté, ça m'a construit, et au bout de 27 ans, je suis infiniment heureux. J'ai une énorme capacité à ressentir la joie. Je pense même que je suis plus heureux que beaucoup de gens que je croise et qui n'ont pas fait 27 ans de prison". 

"Le yoga m'a sauvé". Sur les 27 années que Michel Vaujour passe derrière les barreaux, il est enfermé pendant 17 ans à l'isolement. "Vous êtes seul dans le silence et devant vous, il n'y a rien", témoigne l'homme qui s'est évadé cinq fois de prison. "L'avenir , c'est la mort, ni plus, ni moins. C'est la solitude et le silence 24 heures sur 24. Mais j'ai entamé un chemin monacal, un cheminement spirituel, même si cela peut paraître contradictoire avec le milieu carcéral. Et finalement, le yoga m'a sauvé". 

>> De 7h à 9h, c’est deux heures d’info avec Nikos Aliagas sur Europe 1. Retrouvez le replay ici

La vie en cavale. S'il est désormais un homme libre, qui a rencontré l'amour, Michel Vaujour garde des souvenirs précis de sa cavale. "C'était préférable à la prison, même si on garde une petite tension", révèle-t-il. "Mais ça devient un état second naturel, qui fait surface quand il y a un stimuli (sic) qui vous accroche. Ce sont des réflexes qui vous dépassent : avant même que vous y pensiez, vous avez agi", détaille l'ancien braqueur. 

"L’expérience vraiment intéressante" de la mort. Quant au souvenir de la balle dans la tête qui met fin à sa cavale, après un braquage qui a mal tourné, Michel Vaujour en retient "une expérience vraiment intéressante". "J'ai vécu l'expérience de la mort, et quand on en sort, on ne porte plus les mêmes valeurs. La mort vous a épousé", résume-t-il. "Mais sans ça, je ne pense pas que j'aurai pu me remettre en question comme je l'ai fait". 

Europe 1
Par Ugo Pascolo