Joann Sfar : "Il y a une terreur macronienne sur les sujets qui relèvent du sacré et de l’intime"

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À l'occasion de la publication vendredi du neuvième tome de sa bande dessinée "Le Chat du rabbin", l'écrivain Joann Sfar était invité à s'exprimer sur l'actualité sur Europe 1.
INTERVIEW

Joann Sfar, qui publie aujourd'hui le neuvième tome du Chat du rabbin (éditions Poisson pilote), série de BD à succès qui raconte depuis 2002 l'histoire d'une jeune algérienne, Zlabya, a réagi aux débats qui secouent actuellement la France, autour de l'islamisme et du port de voile.

Et l'auteur de regretter le silence du président d'Emmanuel Macron sur ces thématiques, qu'il considère comme essentielles. "Il y a une terreur macronienne sur les sujets qui relèvent du sacré et de l’intime", a-t-il affirmé au micro de Nathalie Levy, vendredi, sur Europe 1. "Le jour où il aborde ce sujet, le président de la République sait qu'il cassera sa majorité en deux. J’ai le sentiment que ses prédécesseurs étaient beaucoup plus clairs sur ces sujets-là."

Entendu sur europe1 :
Le discours des honnêtes gens devrait être de crier la pluralité de chacun des citoyens du pays

L'écrivain a également regretté la tournure que prenait le débat sur le port du voile en France. "Les honnêtes gens tombent dans tous les pièges qu’on leur tend", estime-t-il. "À chaque fois qu’on réduit les Français musulmans au voile, les islamistes et l’extrême droite ont gagné. Or, le discours des honnêtes gens devrait être de crier la pluralité de chacun des citoyens du pays. Il faut réussir à rassembler les gens ouverts et modérés."

Dans le dernier album de sa bande dessinée, intitulé La reine du Shabbat, l’auteur met en scène une jeune fille qui vient de perdre sa mère. Il y raconte son passage de l’enfance à l’âge adulte et la naissance chez elle d’un désir d’indépendance, que tente tant bien que mal de réprimer son chat un peu réactionnaire. Au fil de l'histoire, Joann Sfar aborde notamment les questions de l'antisémitisme et de la laïcité. Pour autant, l'écrivain affirme préférer ne pas se mêler de l'actualité : "Je fais des bandes dessinées qui se passent dans le passé et je refuse les invitations sur les sujets trop brûlants car je ne veux pas ajouter au vacarme ambiant."

Europe 1
Par Romane Lizée