L'artiste français JR expose "Kikito" qui surplombe la frontière américaine

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Le modèle dont s'est inspiré JR est David Enrique, surnommé "Kikito", âgé de un an et natif de la ville frontalière de Tecate. © GUILLERMO ARIAS / AFP
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L'artiste de street art veut avec cette oeuvre installée à la frontière americano-mexicaine "pousser les gens à discuter, à penser".

Défiant les garde-frontières américains, un enfant regarde par-dessus la barrière métallique séparant le Mexique des Etats-Unis à Tecate, au nord-ouest du Mexique. Il s'agit de "Kikito" dont la photographie géante a été installée par l'artiste français JR. 

Inspiré par un rêve. L'idée de cette oeuvre est née "il y a un an environ lorsque j'ai fait le rêve d'un enfant regardant par-dessus la frontière", raconte le street-artiste dont les collages spectaculaires s'insèrent dans l'espace public. JR s'est allié à des artistes de Tecate et de la ville voisine de Tijuana pour concrétiser son projet. 

Avec l'aide d'une famille. Sans l'aide des autorités, il s'est appuyé sur la pleine collaboration des habitants de cet Etat qui borde la Californie. Devant l'interdiction de placer la photo sur la barrière métallique dressée par les autorités américaines, il s'est installé sur le terrain d'une famille modeste, qui a également accepté que le plus jeune de la famille serve de modèle pour la photo en noir et blanc qui serait ensuite exposée. "Il nous ont mis à disposition une partie de leur jardin pour placer l'image, sans savoir que c'était leur neveu que nous allions photographier", raconte JR. L'enfant dont le visage surplombe la frontière s'appelle David Enrique, surnommé "Kikito", âgé de un an et natif de cette ville frontalière. Sur la photo, "Kikito" regarde avec curiosité vers le sol de l'autre côté de la barrière.

"Pousser les gens à discuter". L'installation, qui a nécessité trois mois, a été terminée juste après l'annulation par le président américain Donald Trump du programme Daca protégeant environ 800.000 jeunes sans papiers arrivés aux Etats-Unis durant leur enfance, dont une large majorité de Mexicains. "Nous ne savions pas que le programme Daca allait être annulé par les Etats-Unis", raconte-t-il. "Il s'agit de pousser les gens à discuter, à penser. Je n'ai pas la réponse, ce que je veux c'est écouter les commentaires des gens sur l'oeuvre", poursuit-il.