La cinéaste Agnès Varda est morte à l'âge de 90 ans

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La cinéaste Agnès Varda, figure emblématique de la Nouvelle Vague, est morte à l'âge de 90 ans, a annoncé vendredi sa famille.

Agnès Varda, cinéaste phare de la Nouvelle Vague et veuve du réalisateur Jacques Demy, est morte à l'âge de 90 ans, a annoncé vendredi sa famille. "La réalisatrice et artiste Agnès Varda est décédée chez elle dans la nuit du jeudi des suites d'un cancer. Sa famille et ses proches l'entouraient", ont-ils indiqué dans un communiqué. "Elle est décédée cette nuit", a confirmé Cécilia Rose de Tamaris productions, productrice de ses films depuis 17 ans. "Elle devait inaugurer ce soir une exposition à Chaumont-sur-Loire qui s'ouvrira donc sans elle", a-t-elle ajouté. 

Une carrière fleuve. Réalisatrice de Cléo de 5 à 7 (1962), L'une chante, l'autre pas (1977) ou encore de Sans toi ni loi (1985), mais aussi de nombreux documentaires dont Visages, villages (2017), coréalisé avec l’artiste JR, Agnès Varda s'était vue décerner en 2001 un César d’honneur pour l’ensemble de son œuvre. En 2017, elle avait également reçu un Oscar d'honneur des mains d'Angelina Jolie lors de la cérémonie des Governors Awards, pour saluer ses 60 ans de carrière. Elle laisse derrière elle une oeuvre marquée par l'humanisme et une originalité folle, entre documentaire, fiction et autobiographie. 

"Bouleversé, accablé, endeuillé : ces sentiments qui accompagnent la certitude que nous venons de perdre l'une des plus grandes artistes de notre époque. Agnès Varda, je vous témoigne mon respect, ma reconnaissance et mon admiration", a réagi le ministre de la Culture Franck Riester sur Twitter.

Cinéaste engagée. Après des études de photographie à l’école des Beaux-arts et d’histoire de l’art à l’Ecole du Louvre, Agnès Varda débute comme photographe au TNP dans les années 1950. Son premier long métrage, La Pointe courte, sortie en 1954 avec Philippe Noiret, préfigure déjà le cinéma de la Nouvelle Vague. "Ma curiosité est pour les gens qui ne sont pas nantis. Je n'ai jamais filmé des riches et des bourgeois", expliquait-elle au micro d'Europe 1 pour décrire son cinéma. Sa rencontre avec Jacques Demy en 1958 marque un tournant. En tant que productrice, elle s’est notamment employée à promouvoir les jeunes pousses du cinéma français.

Cinéaste engagée, Agnès Varda tourne plusieurs documentaires politiques : Salut les Cubains (1963), Black Panthers (1968), le film collectif Loin du Vietnam (1967)... Elle embrassera aussi la cause féministe avec L'une chante, l'autre pas (1977) qui a pour sujet l'avortement. Elle est, en 1971, l’une des signataires du "manifeste des 343". "Moi, je suis toujours restée en colère, j'ai toujours été féministe", affirmait-elle, toujours sur notre antenne.

Grand amour. En 2008, c'est aux plages de sa vie et au "plus chéri des morts", Jacques Demy, l'homme des Demoiselles de Rochefort, qu'elle rend hommage dans Les plages d'Agnès, César du meilleur film documentaire.  Un autoportrait montrant les plages de Belgique de son enfance, celles de Sète, de Californie ainsi que de Noirmoutier, où elle passait ses vacances. Les dernières images, bouleversantes, la montrent seule, sur une chaise, au milieu des embruns.

A son compagnon décédé en 1990, elle a consacré une trilogie, dont Jacquot de Nantes. Ensemble, ils ont eu deux enfants : Rosalie Varda (adoptée par Demy) qui travaille à Ciné-Tamaris, la société qui gère les films de ses parents, et Mathieu Demy, devenu acteur.