Julie Ferrier : "J’ai essayé de faire un enfant pendant dix ans"

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L'actrice à l'affiche du cabaret "À ma place vous Ferrier quoi ?" était l'invitée de l'émission "Il n'y a pas qu'une vie dans la vie". Elle s'est confiée sans détour sur sa carrière protéiforme et son regret de ne pas avoir été mère.
INTERVIEW

Hair de Milos Forman est le premier film qui a marqué Julie Ferrier. Il est aussi l'illustration de ce qu'allait devenir sa carrière : un patchwork. "C’est une comédie musicale, donc c’est pluridisciplinaire. Cela a été une évidence. Je me suis dit : 'c’est ça que j’aimerais faire quand je serai plus grande.'" La comédienne, actuellement à l'affiche du cabaret À ma place vous Ferrier quoi ? au théâtre de l'Atelier, a tenu ses objectifs de jeunesse. Au micro d'Isabelle Morizet, elle a décortiqué son parcours qui l'a menée de la danse au cinéma, en passant par le théâtre et l'humour.

"Le solo, un des exercices les plus difficiles qui soient"

Toute sa vie, Julie Ferrier a eu "soif d'apprendre". Elle commence la danse à sept ans et devient professionnelle à 17. Sa carrière l’amène notamment à participer à la cérémonie d'ouverture des JO d'Albertville avant de bifurquer vers l'expression théâtrale. Rien d'étonnant dans une famille composée d'artistes sur huit générations du côté maternel. "Mon arrière-grand-mère, Cécile Guyon, était dans la troupe de Louis Jouvet. Ma mère mannequin et comédienne, était fascinante de beauté et avec le sens de l'humour", souligne Julie Ferrier, admirative. Sur les traces de sa famille, elle-même a multiplié les disciplines : cirque, trombone, théâtre, stages de clown, spectacles de rue...

Après ses années de danseuse, en touche-à-tout exemplaire, elle joue au théâtre la semaine et teste ses propres personnages et répliques le week-end, dans des squats puis des salles culturelles. On lui souffle qu'elle devrait écrire son propre show. Elle ne se démonte pas et tente l'expérience six mois plus tard. Elle présente alors un seule-en-scène qui joue déjà avec son nom de famille : Aujourd'hui c'est Ferrier. Le show, produit par Isabelle Nanty, fait un carton. Julie Ferrier le jouera trois ans. "Le solo est un des exercices les plus difficiles qui soient", retient l'humoriste, qui assure néanmoins ne s'être "jamais mis la pression".

Entendu sur europe1 :
J’aurais adoré avoir des enfants. Biologiquement, j’ai eu des soucis. Ce n’est pas du tout que je n’ai pas voulu

La marche suivante a été celle du cinéma et notamment de la comédie. Une bifurcation qu'elle n'attendait pas malgré son côté clown de service. "Je faisais rire tout le monde, on me disait un jour, il faudra que tu sois comédienne. (...) La transition s’est faite naturellement vers le théâtre subventionné, puis vers l’humour. Celle du cinéma était moins évidente", explique l'actrice. Mais le tournant dans ce parcours "singulier" survient quand le réalisateur Jean-Pierre Jeunet l'appelle. "Je me souviens absolument de tout. Je croyais que c’était une blague". Mais elle entre vraiment dans le septième art avec le film Micmacs à tire-larigot. "Ce n’est pas toi qui choisis de faire du cinéma, c’est lui qui te choisit", assure l'actrice, avant d'ajouter assez fière : "2% des acteurs font du cinéma". Après le film de Jeunet, elle enchaîne avec Tournée de Mathieu Amalric et L’Arnacœur de Pascal Chaumeil, deux films majeurs dans sa filmographie.

En quête d'un grand rôle social

Du bilan qu'elle fait aujourd'hui, elle révèle cependant un regret, mais personnel : ne pas avoir eu d'enfant. "J’aurais adoré. C’est là le petit point où c’est la tristesse absolue. Biologiquement, j’ai eu des soucis. Ce n’est pas du tout que je n’ai pas voulu, j’ai essayé de faire un enfant pendant dix ans. On a tous dans la vie des choses qui nous rattrapent. La vie, c’est plein d’épreuves, ça fait partie de mes épreuves", explique-t-elle, sans détour. Quant à l'avenir, elle dit vouloir bannir la peur de son métier, garder son côté solaire et intégrer le lâcher-prise à sa vie. Elle a aussi une requête précise : "J’ai eu des très beaux rôles déjà, ne serait-ce que dans La fleur de l’âge (en 2013, ndlr.). Ce que j’aimerais c’est un grand film (...) et si possible, social.