Joann Sfar : "Les monstres, c'est une manière de dire ses blessures et d'en faire un joli truc"

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Le dessinateur revient avec le second tome de sa BD "Aspirine". Une histoire déjantée qui permet à l'auteur de donner sa vision des groupes d'ados aux super pouvoirs.
INTERVIEW

Il a publié près de 200 ouvrages en 25 ans. Mais Joann Sfar qui "dessine tout le temps" vient d'ajouter une ligne supplémentaire à sa bibliographie en sortant le deuxième tome sa bande dessinée Aspirine. Il était l'invité du Grand journal de Philippe Vandel samedi pour présenter ce nouvel ouvrage.

Deux orphelines vampires

Le tome 2 de la saga Aspirine, indépendant du premier, s'appelle Un vrai bain de sang. Et pour cause, dès le début, Aspirine et sa sœur se trouvent dans une baignoire emplie d'hémoglobine. "Elle se soignent d'un traumatisme qu'elles ont eu et que l'on va découvrir dans le livre", explique l'auteur. La situation se comprend encore davantage quand on sait que les protagonistes sont "deux orphelines vampires, l'une qui a 23 ans... depuis toujours et l'autre 17 ans depuis toujours."

Entendu sur europe1 :
Avec moi, il faut que ce soit un peu sordide, un peu marrant

Plus que de simples vampires, les personnages sont des super-monstres qui se la jouent plus ou moins super-héros. Par exemple, Aspirine et son ami Yidgor rachètent des morts fraîchement pendus, les réaniment et conservent leur âme pour qu'ils exécutent des missions pour leur compte. "Tout le monde est un peu méchant là-dedans", souffle le dessinateur. "J'ai envie de montrer mon regard sur des groupes d'ados qui ont des pouvoirs. Avec moi, il faut que ce soit un peu sordide, un peu marrant", ajoute-t-il. Dans cet univers foutraque, on croise encore des personnages tout plus loufoques les uns que les autres : des Schtroumpfs, Toutankhamon, des punks et des Dieux qui font peur. 

Dans les coulisses des histoires de super-héros

Cet ensemble fou tend à montrer les coulisses des histoires de super-héros. Ces moments qu'on ne verrait pas dans des films. "La grande bagarre de la fin ne m’intéresse pas mais ce qui m'intéresse, c'est plutôt comment ils sont partis à la guerre, comment ils se sont disputés, comment, pour se changer les idées, ils sont allés au supermarché", explique encore Joann Sfar qui n'en est pas à sa première création avec des vampires, qui semblent le fasciner. "Les monstres au sens large, c'est une manière de dire ses blessures et d'en faire un joli truc", conclut-il.

Europe 1
Par Aurélie Dupuy