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«Il manque 900.000 sage-femmes dans le monde» : Sidonie Bonnec alerte sur l’importance d’intégrer davantage ces professionnelles

Sidonie Bonnec propose une plongée dans le quotidien de professionnels souvent dans l’ombre [Europe 1]

Sidonie Bonnec a profité de son passage dans "Culture Médias" pour saluer le travail de ces professionnelles de santé qui accompagnent les femmes avant, pendant et après l’accouchement. À travers des témoignages recueillis aux quatre coins du monde, la journaliste met en lumière une profession en tension, alors que près de 900.000 sages-femmes manqueraient aujourd’hui à l’échelle mondiale.

Un métier vital au cœur de la santé des femmes. Invitée de Culture Médias, Sidonie Bonnec est venue présenter Si j’étais sage-femme, un documentaire diffusé ce mardi soir à 21h05 sur France 5 et sur la plateforme france.tv. Un projet qui lui tient particulièrement à cœur et qui met en lumière une profession essentielle, mais souvent méconnue, alors que l’Organisation mondiale de la santé estime qu’"il manque près de 900.000 sages-femmes à travers le monde".

"C'est la première peau qui nous touche"

Habituée des immersions au long cours, Sidonie Bonnec a rappelé au micro de Culture Médias son goût pour les documentaires de terrain. Au cours de sa carrière, elle a notamment embarqué pendant un mois sur un chalutier en mer ou encore vécu plusieurs mois au rythme des travailleurs de nuit afin de mieux comprendre leur quotidien.

Cette nouvelle aventure lui a permis de partir à la rencontre de celles et ceux qui accompagnent les naissances partout dans le monde. Pour la journaliste, les sages-femmes occupent une place unique dans la vie des familles. Présentes dès les premiers instants de l’existence, elles restent pourtant souvent méconnues du grand public. 

"Ce sont des femmes qui se sacrifient, ce sont les femmes qui donnent leur vie, qui donnes leur quotidien qui sacrifie souvent leur vie personnelle. Et pourtant ce sont des femmes dont on ne connaît pas et le quotidien, le métier et la vie personnelle. C'est la première peau qui nous touche et finalement, on les voit plus les sages-femmes après. On les voit peut-être un peu en suivi ou elles nous ont suivi avant", a-t-elle explicité.

À travers son documentaire, Sidonie Bonnec dresse le portrait de professionnels qui consacrent leur vie à la santé des femmes et des nouveau-nés, parfois au prix de nombreux sacrifices personnels. Elle évoque notamment le parcours d’Oumi, rencontrée au Sénégal. Marquée à l’adolescence par le décès d’une voisine faute de suivi médical adapté, cette dernière a choisi de devenir sage-femme malgré les réticences de son entourage. Aujourd’hui, elle intervient dans des villages isolés pour sensibiliser les populations et accompagner les futures mères.

Des exemples inspirants aux quatre coins du monde

Le documentaire emmène également les téléspectateurs au Népal, où le métier de sage-femme est encore en plein développement. Dans ce pays de 30 millions d’habitants, on ne comptait il y a peu qu’environ 200 sages-femmes. Grâce à des programmes de formation soutenus par les autorités, de jeunes professionnels retournent désormais exercer dans leurs villages d’origine, devenant parfois les seuls spécialistes de santé maternelle disponibles dans toute une région.

Parmi les rencontres marquantes de Sidonie Bonnec figure également celle de Raphaël, qui exerce à l’Hôpital Jeanne-de-Flandre. L’occasion pour la journaliste de rappeler que le terme de "sage-femme" s’applique également aux hommes. L’expression désigne en effet le savoir et les soins apportés aux femmes durant la grossesse et l’accouchement, indépendamment du sexe du professionnel. En France, les hommes représentent environ 3 % de la profession, un chiffre encore faible mais en progression.

Avec Si j’étais sage-femme, Sidonie Bonnec propose une plongée dans le quotidien de professionnels souvent dans l’ombre, mais indispensables au bon fonctionnement des systèmes de santé. Un hommage à celles et ceux qui accompagnent chaque jour les naissances, partout dans le monde, dans des conditions parfois particulièrement difficiles.