Le taux de mortalité périnatale ne cesse d'augmenter en France. Si les causes ne peuvent être clairement identifiées, plusieurs pistes sont soulevées par la Drees, la Direction de la Recherche, des Études, de l'Évaluation et des Statistiques, autrice de l'étude.
La mortalité périnatale ne cesse d'augmenter en France. C'est le résultat de la dernière étude de la Direction de la Recherche, des Études, de l'Évaluation et des Statistiques (Drees). En 2024, ce sont 11,2 enfants pour 1.000 qui sont nés sans vie ou décédés dans leur première semaine de vie. S'il est impossible de connaître les raisons exactes de cette augmentation, plusieurs pistes sont soulevées.
La précarité, un facteur important
La précarité est l'une des principales causes évoquées par l'étude. Difficulté d'accès aux soins pour des raisons géographiques ou financières, elle touche principalement les territoires ultramarins et les jeunes mamans, comme l'explique l'un des sous-directeurs de la Drees, Benoît Ourliac.
"Les écarts entre régions vont du simple au double, notamment entre la France métropolitaine et les territoires d'outre-mer". Selon lui, ceci est notamment corrélé à l'un des facteurs possiblement aggravants, à savoir le jeune âge des mères, plus nombreuses en dehors de l'Hexagone.
"On le constate et c'est assez structurel que la mortalité périnatale est nettement plus élevée chez les mères de moins de 20 ans. On est plus précaire quand on est jeune, on est potentiellement plus éloignée du système de santé avec un suivi moins régulier, on n'a pas encore adopté les habitudes d'adulte".
La prématurité
La prématurité est un autre facteur de risque. Avec 84% des morts périnatales qui sont issues d'accouchements arrivés avant la 37e semaine, elle représente la première cause de mortalité périnatale. Or, non seulement le nombre de naissances précoces ne cesse de croître en France, mais en plus elles sont nombreuses à arriver de plus en plus tôt.
"Certaines grossesses arrivent très tôt aujourd'hui", explique Benoît Ourliac, "alors que par le passé, elles auraient été stoppées auparavant ou auraient donné lieu à des fausses couches. Or, celles-ci ne seraient rentrées dans l'indicateur de mortalité périnatale", conclut le sous-directeur.
Si les pistes avancées par l'étude sont nombreuses, il est impossible de connaître les raisons concrètes d'une telle hausse de la mortalité périnatale en France, qui a l'un des pires taux européens, d'après le dernier classement réalisé en 2019.