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Aurélie Dupuy , modifié à
Le journaliste de télé et de radio a raconté son éducation culinaire entre mauvais souvenirs de réfectoires et traditions paternelles.

Gourmand plus que cuisinier, le journaliste Guillaume Durand a raconté son éducation culinaire. L'amateur d'art de vivre à l'italienne, de Pays basque et de vin de Bourgogne né à Boulogne-Billancourt s'est confié à La table des bons vivants samedi.

"Prodigieusement dégueulasse". Du point de vue des papilles, tout avait mal commencé. "Je suis un enfant de la communale, du lycée et de l’université. En gros, de 6 ans jusqu’à 25 ans, tout ce que j’ai bouffé était prodigieusement dégueulasse", lâche le journaliste. Cantines et réfectoires étaient loin de satisfaire son palais. Pourtant il tentait bien d'améliorer sa situation : "Quand j’allais à l’école communale, je m’achetais une tarte au citron qui était dégueulasse et qui me paraissait être un paradis total." Une sentence difficile pour le boulanger de l'époque. Et même si la pâtisserie se montrait supérieure à la cantine, elle n'était selon lui, toujours pas au niveau. 

Des frigos plein à craquer. "Puis, quand un peu de maturité est arrivée, ça a été la vengeance mais la vengeance était déjà entretenue par le goût du marché". Plus tard, étudiant, un steak au poivre d'un bistrot de Jussieu le ravira et il trouvera de nombreux plats savoureux chez des amis qui "venaient de familles juives pied-noir". Chez eux, Guillaume Durand piochait dans des frigidaires pleins à ras bord "où tout se cassait la gueule".

Entendu sur europe1 :
Mon père a fait virer toutes les tombes. Il en a gardé deux et il a fait un barbecue !

Un père "dingue". Mais sa plus grande exaltation gustative lui vient sans doute de son père. "C'était un dingue qui est encore dingue, il a 99 ans. Il avait acheté une cure désaffectée dans un petit bled. Au bout de sa dinguerie, il a fini par obtenir de la mairie la concession du cimetière désaffecté. Il a fait virer toutes les tombes, il en a gardé deux et il a fait un barbecue ! Ma mère quand elle sortait de l’église, trouvait mon père dans un hamac en train de tourner une côte de bœuf entre deux tombes qu’il avait gardées", raconte l'animateur.

Une "éducation" très originale qui lui fait décrire son enfance et sa jeune vie d'adulte en une phrase savoureuse : "J’avais la tarte au citron la semaine et la côte de bœuf du week-end avec de la moutarde et les pommes de terre sautées. Ça a duré comme ça pendant vingt-cinq ans."

 

Le questionnaire des bons vivants

Pour mieux le connaître côté fourchette, le journaliste est passé sur le gril des interrogations de Laurent Mariotte :

-Le goût de votre enfance ?

"La tarte au citron."

-Votre plus beau repas ?

"Pas le plus beau repas mais le plus beau souvenir, c’était chez Christian Para à Hurt, le roi du boudin. C’était un repas où il fallait aller avec son cardiologue, forcément. Ça commençait par le jambon, le boudin et après tout le reste. Et après, Christian chantait des chansons de Brassens."

-Le plat que vous ne pouvez pas manger ?

"Les tripes."

-Votre mot préféré en cuisine ?

"Restaurant."

-Quel plat emmèneriez-vous sur une île déserte ?

"Les spaghetti. Parce qu’il y a de l’eau salée."

-Quelle est votre adresse secrète ?

"Lastre sans apostrophe, rue Saint-Dominique, champion du monde du pâté en croute. C’est un charcutier exceptionnel, mais il a un truc qui est à tomber à la renverse, c’est la tourte aux pommes et aux truffes. Je défie quiconque de goûter ce plat-là et de ne pas devenir complètement addict."

-Quel est le dernier plat que vous avez cuisiné ?

"Je réussis bien les pâtes traditionnelles. Là où ça devient très compliqué, c’est la réduction des sauces. Par exemple, j’ai toujours raté les pâtes aux sardines."

-Le mot de la FAIM ?

"La phrase de Molière : ‘Il faut manger pour vivre et ne pas vivre pour manger.’"