Vacances d'été : pourquoi ce n'est pas grave de ne pas finir un livre

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Un livre sur deux d'entamés ne sera pas lu au-delà de la page 100, selon une étude de 2016. 3:30
Un livre sur deux d'entamés ne sera pas lu au-delà de la page 100, selon une étude de 2016. © Pixabay/Pexels
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Nicolas Carreau, le spécialiste littérature d'Europe 1, nous parle de ce sentiment de culpabilité qui peut étreindre un lecteur sur le point de refermer un livre avant de l'avoir fini. Pourtant, il faut selon lui savoir abandonner, sans mauvaise conscience, une lecture dont on s'est lassé.

À l'approche des vacances d'été, certains lecteurs aiment à se constituer une bibliothèque de voyage, avec l'intention de la dévorer au bord de la piscine ou sur la plage. Mais encore faut-il choisir des ouvrages qui sauront nous transporter de la première à la dernière page. Si on peut lire par petits bouts, picorer un recueil de nouvelles, peut-on abandonner sans culpabilité un roman de 200 ou 300 pages ? La littérature a tellement été sacralisée en France que l’on refuse de ne pas finir un livre. Mais au contraire, plutôt que de s'infliger une interminable lecture pendant ses vacances, c’est peut-être ce que l’on a de mieux à faire.

Abandonner un livre est l’un des dix droits au lecteur énumérés par l'écrivain Daniel Pennac dans son ouvrage sur la question. Par ailleurs, une étude de 2016 avait montré que sur dix livres, le lecteur moyen n’en finit qu’un seul, et ne va pas au-delà de la page 100 pour un livre sur deux.

Il peut y avoir l’excuse d’Internet ; dans un monde où tout s’accélère, il est de plus en plus difficile de se poser, de se concentrer. Certaines études ont montré qu'on lisait moins sur une liseuse qu’avec un livre physique entre les mains, comme si l’immatérialité de l’encre électronique empêchait notre esprit de se fixer. Mais bien souvent, on se fait une fausse idée du monde d’avant Internet. Non, on ne lisait pas plus ou mieux avant la révolution numérique.

Lire les 50 premières pages

Un professeur de littérature américain a développé une théorie : arrêter la lecture d’un livre n’empêche pas de trouver le livre très bon. Simplement, au bout d’un moment, on peut sentir que la suite risque de gâcher le plaisir pris à la lecture de la première partie.

Autre cas de figure : lorsque l’ennui survient dès la première page. Dans ce cas, n’ayez pas d’état d’âme à arrêter votre lecture, même s’il est recommandé de tenir au moins jusqu’à la page 50. Parfois, nos habitudes de lecteur peuvent être tellement bousculées par le livre que l’on vient d’ouvrir qu’il nous faut un peu de temps pour y rentrer.

Europe 1
Par Nicolas Carreau