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« 90 % des hommes assistent à l’accouchement» : Alexandra Ternant observe que dans les années 70, quasiment aucun père n’était présent

Alexandra Ternant observe que dans les années 70, quasiment aucun père n’était présent.
Co-auteure du documentaire "Paternité, une métamorphose décryptée", Alexandra Ternant revient, dans l’émission "Culture Médias" sur Europe 1, sur les bouleversements profonds du rôle paternel. "Aujourd’hui, près de 90% des hommes assistent à l’accouchement", observe-t-elle, alors que dans les années 70, leur présence en salle de naissance était quasi inexistante.

Un tournant historique. Arte diffusera le 29 novembre prochain, le documentaire Paternité, une métamorphose décryptée, co-écrit par Alexandra Ternant, qui porte un regard scientifique sur l’évolution du rôle des pères dans la société actuelle. Invitée dans l’émission Culture Médias sur Europe 1, elle est revenue sur les découvertes majeures que révèle ce film et sur la profonde transformation qu’a connue la paternité au cours des cinquante dernières années.

Le nouveau visage de la paternité

Alexandra Ternant explique que, sociologiquement, le temps que les pères consacrent à leurs enfants a été multiplié par quatre depuis 1965 dans les pays occidentaux. Parmi les chiffres les plus marquants évoqués dans le documentaire, Alexandra Ternant souligne que près de 90% des hommes assistent désormais à l’accouchement, une situation radicalement différente de celle des années 1970, où la présence des pères dans les maternités était quasi inexistante. "La science de la paternité est assez nouvelle", explique-t-elle. 

Ce qui rend Paternité, une métamorphose décryptée particulièrement fascinant, c’est sa dimension scientifique. La science de la paternité, une discipline encore récente, s’efforce de comprendre non seulement comment les pères évoluent dans leur rôle, mais aussi comment leur biologie change. Grâce aux recherches de spécialistes tels que l’anthropologue Lee Gettler, le documentaire montre que de vrais bouleversements hormonaux peuvent avoir lieu chez certains hommes lorsqu’ils deviennent pères. Leur taux de testostérone baisse, parfois au point d’atteindre des niveaux comparables à ceux de femmes allaitantes, quand ils passent du temps avec leur bébé. En parallèle, d’autres hormones comme le cortisol souvent associé au stress ou l’ocytocine liée à l’attachement évoluent aussi, en fonction du lien qu’ils nouent avec l’enfant.

L'importance du contact prolongé entre le père et son nouveau-né

Alexandra Ternant insiste sur le rôle fondamental du contact prolongé entre le père et le nouveau-né. Plus un père est proche, s’occupe de son enfant, et passe du temps avec lui, plus il peut vivre cette transformation. "La mère vit des bouleversements hormonaux qui sont mesurables du fait de la grossesse et l'accouchement. Le père peut en vivre des comparables, dans la mesure où il est proche de son enfant, dans la mesure où il s'occupe, où il passe du temps avec l'enfant", a-t-elle expliqué. 

Le documentaire ne se limite pas à l’humain. Il explore aussi des parallèles surprenants dans le monde animal. Certaines espèces primates, oiseaux, amphibiens montrent que des mâles très investis dans l’éducation de leurs petits ont un impact direct sur la survie de ceux-ci. Ces observations animales alimentent la réflexion sur l’origine évolutive de cette capacité et sur ce qu’elle peut signifier pour l’humanité.