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25 ans de Japan Expo : des sous-sols d'une école parisienne au Parc des Expositions de Villepinte, retour sur une success-story

[Stéphane Mouchmouche / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP]

De 3.200 curieux réunis dans un garage à plus de 200.000 visiteurs attendus à Villepinte ce week-end, la Japan Expo a grandi jusqu'à devenir le troisième salon de France en termes de fréquentation. Europe 1 revient sur cette success-story à la française.

Du 9 au 12 juillet 2026, le Parc des Expositions de Paris-Nord Villepinte accueille la 25e édition de la Japan Expo, baptisée le "25e Impact". Le festival a été fondé en l'an 2000 par trois passionnés, Jean-François Dufour, Sandrine Dufour et Thomas Sirdey, dans les locaux de l'école d'informatique EPITA, au Kremlin-Bicêtre, pour réunir des amateurs de mangas et d'animes alors quasi absents des médias grand public. 

Vingt-cinq ans plus tard, plus de 200.000 visiteurs sont attendus sur 154.000 m² de surface d'exposition. La Japan Expo s'est imposée comme le premier rendez-vous européen consacré à la culture japonaise. Retour sur une success-story à la française. 

2000 : naissance confidentielle dans les sous-sols d'une école d'informatique

La Japan Expo ne devait être qu'un petit rassemblement entre passionnés. En juin 2000, trois amis organisent le "1er Impact" dans les caves de l'EPITA, au Kremlin-Bicêtre. L'événement rassemble 3.200 visiteurs venus s'échanger des mangas et regarder des animes sur cassettes VHS, encore largement méconnus du grand public français.

La culture manga et anime est alors une niche confidentielle. Les forums sur internet commencent à peine à se structurer. Mais la passion est là, brute et déjà puissante. "La Japan Expo, ça a toujours été un lieu où on vient pour s'amuser. On peut être pauvre, riche, de milieux sociaux très différents, et se retrouver ensemble", raconte Thomas Sirdey, l'un des cofondateurs, cité par BFMTV

De l'EPITA à Villepinte : une croissance vertigineuse, étape par étape

Dès les premières éditions, la fréquentation explose. Le festival migre successivement vers l'Espace Austerlitz, l'Espace Champerret, puis le CNIT de La Défense. "Chaque année la population du festival doublait. C'était incroyable comme moment", se souvient Thomas Sirdey, interrogé par Franceinfo.

Ce succès finit pourtant par devenir un problème. En 2004, les files d'attente saturent le parvis de La Défense. Des centaines de visiteurs repartent sans avoir pu entrer. "Cela a été un vrai traumatisme", confie le cofondateur.

Les organisateurs passent alors deux ans à repenser entièrement le format. L'édition suivante est annulée le temps de trouver une solution durable.

Le choix de Villepinte, jugé risqué à l'époque en raison de l'éloignement du site, s'avère décisif. "On nous disait que jamais on allait nous suivre là-bas. L'histoire nous a donné raison", raconte Thomas Sirdey. Le festival ne cessera plus de grandir dans ce parc des expositions pour atteindre 154.000 m² de surface d'exposition, plus de 1.100 exposants et 13 scènes thématiques lors de l'édition 2026. 

De Marseille aux États-Unis : un rayonnement qui dépasse Villepinte

Le succès parisien donne rapidement des idées aux fondateurs. En 2009, les mêmes organisateurs lancent Japan Expo Sud, une déclinaison dédiée aux amateurs de culture japonaise du sud de la France. Le festival s'installe au Parc Chanot de Marseille, où il tient son rendez-vous annuel chaque février ou mars. En 2026, la manifestation en est à sa 16e édition.

Une version Centre-Val de Loire voit également le jour avec Japan Expo Centre, installée au parc des expositions d'Orléans, avec une première édition puis un retour en 2012. L'ambition dépasse même les frontières françaises. En 2013 et 2014, les organisateurs tentent l'aventure américaine avec Japan Expo USA, organisée au San Mateo Event Center, en Californie.

L'expérience reste éphémère, mais elle traduit la volonté des fondateurs de faire rayonner leur modèle à l'international — avant de recentrer leurs efforts sur le marché français et ses déclinaisons régionales.

La France, deuxième pays consommateur de mangas au monde

Au fil des années, Japan Expo a accompagné — et accéléré — une transformation culturelle profonde. La France est désormais le deuxième pays consommateur de mangas au monde, juste derrière le Japon, selon BFMTV. 

Un contraste marquant pour un pays qui regardait encore avec méfiance ces productions nippones au début du millénaire. Le festival a joué un rôle moteur dans cette démocratisation. Il s'est imposé comme une vitrine pour les éditeurs de manga, les studios d'anime et les développeurs de jeux vidéo japonais. Plus de 600 artistes font le déplacement depuis le Japon pour chaque édition. 

Le salon est même devenu un tremplin pour les créateurs japonais : être programmé à la Japan Expo constitue une forme de reconnaissance sur la scène internationale.

Le public a lui aussi évolué. Les premiers fans de la génération 2000 sont revenus avec leurs enfants. "La plus grande évolution qu'on voit, c'est que, comme nous, une partie du public vieillit et donc on commence à voir des familles", observe Thomas Sirdey auprès de franceinfo. La Japan Expo est passée d'un rassemblement confidentiel à un événement multigénérationnel.