Le président russe Valdimir Poutine s'est rendu pour la première fois dans les îles Kouriles ce jeudi, provoquant la colère du Japon. Le pays du soleil levant revendique une partie de cet archipel, situé à son extrémité nord-est, qu'il considère comme occupé par l'Union soviétique depuis 1945.
C'est un déplacement qui provoque la colère du Japon. Le président russe Vladimir Poutine s'est rendu pour la première fois ce jeudi dans les îles Kouriles, un archipel situé au nord-est de l'île japonaise d'Hokkaïdo, que les deux nations se disputent. Il s'agit de la deuxième visite d'un dirigeant russe après celle de Dmitri Medvedev en 2010.
Ce différend entre les deux puissances remonte à la fin de la Seconde Guerre mondiale. L'Union soviétique avait alors annexé ces îles volcaniques stratégiques en 1945, lors de l'invasion de la Mandchourie, une région appartenant dorénavant à la Chine. En réalité, ces îles ont fait l'objet de traités internationaux depuis le 19e siècle.
Quatre îles concernées
Après l'annexion de l'URSS, et la défaite du Japon à l'issue du conflit mondial, le traité de San Francisco, signé avec le pays du soleil levant en 1951, stipule que Tokyo renonce à ses revendications sur les îles Kouriles, sans reconnaître la souveraineté de l'Union soviétique.
Quatre îles de cet archipel sont ainsi concernées par ce contentieux : Itouroup, Kounachir, Chikotan et les îles Habomai. Si le Japon estime que certaines de ces îles ne font pas partie des Kouriles - et ne rentrent donc pas dans le champ du traité - et invoque un argument d'antériorité, la Russie affirme que sa souveraineté y a été reconnue par les Alliés à la fin de la Seconde Guerre mondiale.
"Cette visite heurte les sentiments du peuple japonais"
Ce différend n'est donc toujours pas réglé aujourd'hui entre le Japon et la Russie. Au lendemain de son déplacement sur l'île russe de Sakhaline, au nord-ouest des Kouriles, Vladimir Poutine s'est rendu jeudi à Itouroup, dans le sud de l'archipel.
"Cette visite (...) heurte les sentiments du peuple japonais, elle est absolument inacceptable. (...) Nous protestons vigoureusement", a déclaré la Première ministre japonaise Sanae Takaichi, rappelant que le Japon avait exhorté Moscou à ne pas organiser de voyage présidentiel dans cette région.