Web Summit 2018 : au "Davos des geeks", la France veut prendre un temps d'avance

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La France est devenu le premier pays du monde à signer le "contrat pour le web" de Tim Berner Lee, le créateur du "world wide web". C'était lundi lors de la soirée d'ouverture du Web Summit, le "Davos des geeks" qui se tient à Lisbonne. 

Le "Davos des geeks" est ouvert. Le Web Summit, le grand rendez-vous annuel de l'innovation, a ouvert ses portes lundi soir à Lisbonne, au Portugal, pour une nouvelle édition placée sous le signe du... scepticisme. Alors que le salon a longtemps été synonyme d'optimisme et d'avancé technologique, il prend cette année du recul face aux multiples risques et scandales qui menacent le web et l'innovation. Signe de ce bouleversement, Paddy Cosgrave, le fondateur de l'événement, a accueilli sur scène Tim Berner Lee, inventeur du world wide web (les fameux trois W), pour l'ouverture du salon. Ce dernier venant présenter son "contrat pour le web", qui vise à rendre tous les acteurs plus responsables en partant du constat que "le web a échoué à servir l’humanité comme il aurait dû le faire". 

La France, premier pays à signer le contrat pour le web. Ce contrat, qui prévoit notamment que des règles claires soient édictées dans les domaines des données personnelles, du terrorisme, du cyber-harcèlement et des comportements concurrentiels, fera l'objet de négociations avec tous les acteurs dans les six prochains mois afin d'aboutir, ensuite, à des consignes précises. La France est devenue le premier pays à signer ce contrat, a annoncé Mounir Mahjoubi, secrétaire d'Etat au Numérique, invité lors de la conférence d'ouverture au côté de Tim Berner Lee. Pour ce qui est du terrorisme, le contrat devrait par exemple aboutir à une suppression de tous les contenus concernés en une heure, quand le délai est aujourd'hui en moyenne de 24 heures. 

Une aubaine pour les start-up. A côté de cela, le Web Summit reste une aubaine pour les start-up. 1.000 jeunes entreprises ont fait le déplacement à Lisbonne cette année, dont 137 venues de France, l'une des principales délégations étrangères. Si elles sont si nombreuses à se rendre sur place, c'est que le salon est une bonne occasion pour elles de présenter leur innovation, de se faire connaitre des médias, de rencontrer des investisseurs ou encore de dénicher de futurs talents qui pourraient rejoindre leur équipe. Les plus jeunes peuvent louer un stand pour la journée (le salon en dure trois), tandis que les plus importantes restent généralement sur place durant tout l'événement.

Des conférences sur l'état de l'innovation. Pour les start-up comme pour les nombreux responsables de grandes entreprises de la technologie ou non (Netflix, Amazon, Booking, Airbus, Burger King...), ainsi que pour les politiques comme Margrethe Vestager, la commissaire européenne en charge de la concurrence qui s'est notamment fait connaître en faisant condamner Google à deux reprises, le Web Summit est également un lieu de conférence sur l'avenir de la technologie et des médias. Cette année, certaines d'entre elles s'intéressent par exemple aux politiques de régulation et à la croissance du marché des applications mobile.