Un jeu vidéo français sur le 11-Septembre fait polémique

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Des étudiants français ont conçu un jeu vidéo qui propose de revivre les événements du 11 septembre 2011, de l'intérieur. 

C'est une expérience assez dérangeante. Six étudiants de l’école de jeux vidéo d’Angoulême (l’Enjmin), poussent le bouchon très loin dans leur dernière création interactive. Ils ont conçu un jeu qui vous transporte dans les tours du World Trade Center lors de l'attaque du 11 septembre 2001. Ils l'ont appelé "8:46", en référence à l'heure de l'impact du premier avion.

Réalité virtuelle. Pour jouer il faut porter un casque de réalité virtuelle, sorte de grosses lunettes qui vous projettent l'image. Là, vous devenez un employé du 101e étage de la tour nord. Et on s'y croirait. Une journée de travail comme les autres, le téléphone sonne et une collègue vous demande un dossier quand soudain retentit une énorme explosion. Le premier avion vient de percuter le building quelques étages plus bas. La fumée commence à envahir les couloirs, les escaliers sont bloqués et vous êtes pris au piège. Puis on ressent l'impact du deuxième avion qui vient de rentrer dans la tour sud. Une collègue panique et vient vous demander de briser une fenêtre pour évacuer la fumée du bureau. "Deux choix s'offrent alors à vous : rester dans la tour avec la collègue ou bien sauter du 101e étage de la tour nord jusqu'à la World Center Plazza, au pied des 400 mètres de la tour", précise Anthony Krafft, l'un des développeurs du jeu.   

Malaise. Pourtant l'approche, très réaliste, d'un événement aussi tragique que le 11-Septembre n'est pas du goût de tout le monde. Les réactions sont très vives, notamment aux Etats-Unis. Mettre les joueurs face à la fatalité, à leur mort et à celle de leurs collègues : le jeu met mal à l'aise. Mais Pierre-Yves Revellin, l'un des concepteurs, assure que l'équipe assume complètement ce projet, déjà controversé. "Le 11-Septembre c'est un événement historique, donc on a une responsabilité artistique de parler de ce qui nous touche directement. C'est intéressant de se confronter au point de vue d'une victime, de devenir une victime", assure-t-il. "Nous nous sommes imprégnés du sujet pour être à la fois justes et précis, et ne pas verser dans le fantasme morbide",  a aussi confié Anthony Krafft à Gentside

Le jeu a néanmoins déjà été téléchargé 8.000 fois en seulement un mois.