L'iPhone, un "doudou qui abolit l'ennui" depuis 10 ans

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Depuis dix ans, l'homme vit avec son iPhone. Objet multiple, il a pris une proportion telle que les utilisateurs lui vouent quasiment un culte.

INTERVIEW

Il y a dix ans, après une grand-messe introductive, Apple lançait sur le marché ce qui allait être une révolution technologique mais aussi culturelle : l'iPhone. Pour cet anniversaire, Antoine Dubuquoy, consultant spécialisé dans le digital et auteur de Steve Jobs, était l'invité de C'est arrivé cette semaine, samedi sur Europe 1.

"De la sensualité et de la beauté". Fêter l'anniversaire d'un objet peut paraître saugrenu, mais un peu moins quand ledit objet est élevé au rang de mythe. "Steve Jobs l'a extrêmement bien vendu quand il l'a lancé en 2007" en le décrivant à la fois comme un téléphone, un iPod et un objet pour se connecter à internet. "Il présente un objet magnifique, tactile, en verre et en métal. Il introduit de la sensualité et de la beauté dans quelque chose qui, de base, est utile mais moche."

"Couteau suisse". Résultat, dix ans plus tard, "c'est le premier téléphone qui sert pratiquement à tout sauf à téléphoner." GPS, carnet de notes, boîte mails, réveil, télévision...Le plus étonnant dans l'objet innovant est que c'est peut-être l'objet qui a fait changer l'humain. "L'être humain sans son smartphone est nu. L'oublier, c'est avoir le sentiment de ne plus pouvoir rien faire. Je ne sais plus circuler tout seul, éviter les embouteillages et pire, je m'ennuie."

La révolution de l'iPhone tient donc à cela : c'est un objet qui en plus d'être un "doudou", sert à "abolir l'ennui". "C'est un couteau suisse, à condition d'avoir du wifi, du réseau et un peu d'électricité." L'iPhone a aussi permis l’accélération de l'internet mobile, avec toutes les applis qui vont avec. "Les réseaux sociaux ont été aussi utilisés de façon exacerbée."

Une sorte d'Eglise. L'iPhone n'est pourtant pas le seul smartphone, mais il en est le représentant. Pourquoi celui-là en particulier ? "C'est simple, c'est beau. C'est aussi un produit cher, un marqueur social. La pomme croquée, c'est l’élément de tentation. Steve Jobs s'est à la fois fait prophète et tentateur. On fait partie de cette église des utilisateurs de produits Apple."