La Russie veut créer une alternative à iOS

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La Russie veut créer une alternative à iOS
Le smartphone Jolla, fonctionnant sous l'interface Sailfish OS, pourrait servir de base au système d'exploitation russe.
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TÉLÉPHONIE - Le gouvernement de Vladimir Poutine entend réduire la dépendance aux technologies américaines en misant sur une interface mobile maison.

On sait Vladimir Poutine particulièrement fier de son pays. Mais le responsable du gouvernement russe est aussi allergique à tout ce qui touche de près ou de loin aux États-Unis. C'est pourquoi le chef d'État a demandé à son gouvernement de plancher sur un système d'exploitation maison, une alternative à iOS (Apple) et Android (Google). Objectif : que cette interface pour smartphone made in Russia possède 50% de parts de marché en 2025.

Une entreprise...finnoise aux manettes. Pour mener à bien ce projet, le ministre des communications russe Nicolai Nikiforov a noué un accord avec la société finnoise Jolla pour créer un système d'exploitation russe maison. Cette interface s'inspirerait de Sailfish OS, un système d'exploitation ouvert (libre de droit et donc potentiellement accessible à tous) et qui équipe déjà les smartphones de l'entreprise Jolla. Autres acteurs qui devraient participer au projet : les éditeurs russes de Yandex (moteur de recherche) et Alt Linux (un système d'exploitation libre pour ordinateur). Les trois acteurs se sont réunis le 14 mai pour évoquer les aspects techniques du projet.

iOS + Google = 89% du marché en Russie. En Russie comme dans bon nombre de pays du monde, deux systèmes d'exploitation se répartissent la très grande majorité des parts de marché : Android, l'interface mobile de Google, et iOS, celle d'Apple. Le premier représente 66% du marché en Russie, le second 23%, soit à eux deux près de 90% des smartphones. L'objectif ? À l'horizon 2025, le ministre des communications vise 50% de parts de marché, en Russie, pour cette interface maison.

Processeurs et logiciels russes en développement. La volonté de la Russie de prendre son indépendance technologique vis-à-vis des États-Unis n'est pas totalement nouvelle. En septembre 2014, le même Nicolai Nikiforov avait présenté à Vladimir Poutine un programme de soutien aux éditeurs de logiciels russes comme le rappelle le portail spécialisé 01Net. L'idée étant de prouver que la Russie est capable de développer "des produits qui garantissent la sécurité des données de la Russie et de ses partenaires". Côté matériel, la société MCST, basée à Moscou, propose des processeurs informatiques capable de faire fonctionner des logiciels sur un ordinateur, un domaine largement dominé par les Américains.