"Ils veulent fabriquer des post-humains"

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Sur Europe 1, l'ancien ministre et essayiste Luc Ferry a évoqué le transhumanisme, ce mouvement culturel et intellectuel qui veut vous faire vivre plus longtemps et en meilleure santé.

INTERVIEW

Pourra-t-on bientôt vivre jusqu'à 150 ou 200 ans ? C'est en tout cas la question à laquelle travaillent les transhumanistes. Dans son ouvrage La révolution transhumaniste, Luc Ferry fait le point sur ce mouvement culturel et intellectuel qui veut nous permettre de vivre plus longtemps et en meilleure santé.

"Accroître sa longévité et ses capacités intellectuelles". "Le projet des transhumanistes est d'augmenter l'être humain d'une manière générale", décrit Luc Ferry. "C'est-à-dire accroître sa longévité mais aussi ses capacités intellectuelles et physiques", poursuit l'ancien ministre. Les partisans de ce mouvement se trouvent surtout outre-Atlantique, du côté des Etats-Unis et de la Silicon Valley. Là -bas, "le mouvement transhumanisme, c'est déjà des centaines de milliers de publications, de colloques et des milliards de dollars investis", dépeint l'essayiste. Des géants comme Facebook ou encore Google investissent déjà massivement dans ce que l'on nomme les NBIC (nanotechnologies, biotechnologies, informatique et sciences cognitives, ndlr).

Jusqu'où aller dans le transhumanisme ? Au sein de ce courant, Luc Ferry distingue deux projets. D'un côté, celui qui consiste "à rendre l'humain plus humain", comme par exemple en permettant un jour à un tétraplégique de rebouger ses membres. "Qui pourrait être contre ?", se demande l'ancien ministre.

Le second projet est notamment incarné par Ray Kurzweil, directeur de l’Ingénierie chez Google et co-fondateur de l'Université de la singularité aux Etats-Unis. "L'idée est d'hybrider l'homme et la machine", indique Luc Ferry. Un projet que l'essayiste juge "très inquiétant". "Ils veulent fabriquer des post-humains", explique l'auteur de La révolution transhumaniste, où l'homme serait par exemple capable de stocker son savoir sur un ordinateur.

Dans le cadre de ce mouvement de pensée post-humain, l'objectif est aussi d'arriver à "fabriquer une machine qui ait les mêmes connexions neuronales que les humains, (...) qui aura la conscience d'elle-même et qui sera capable d'avoir des émotions", expose Luc Ferry.