Tour de France : Romain Bardet abat ses dernières cartes

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Le Français, troisième du classement général, doit tout donner dans le terrible Izoard pour espérer endosser le maillot jaune et le ramener à Paris.

C'est le moment ou (peut-être) jamais. La vie de Romain Bardet peut basculer jeudi lors de la 18ème étape du Tour de France, dernier épisode alpestre avec une arrivée en haut du légendaire col d'Izoard à 2.360 mètres d'altitude. Le Français compte 27 secondes de retard sur Christopher Froome au général et doit absolument décramponner le maillot jaune et lui prendre une à deux minutes d'avance pour rêver d'une victoire finale à Paris.

"Maintenant il faut partir au front". C'est pour vivre une journée comme celle-ci que Romain Bardet, 26 ans, s'entraîne quotidiennement depuis des années. Une vie faite de privations, de sacrifices, pour être un jour en mesure de gagner le Tour de France. Cette fois, il y est, mais le coureur d'AG2R La Mondiale reste serein. La voix posée, regard droit, mots choisis : en interview, Bardet donne l'impression d'un jeune homme qui sait exactement où il veut aller. "Il n'y a pas de calcul, c'est vraiment là qu'il faut se réveiller. Tous les organismes vont être poussés dans leurs ultimes retranchements. Il faudra simplement être fort, ne rien lâcher. Jusque-là c'était une guerre de tranchées, maintenant il faut partir au front", résume le coureur au micro d'Europe 1.

Lâcher toute son énergie. Vincent Lavenu, manager d'AG2R, a vu grandir Romain Bardet et permis son éclosion en façonnant une préparation spécifique pour lui, en altitude, tout au long de l'année. A quelques heures du départ de la dernière étape de montagne, il a une totale confiance en son coureur. "Romain a tout d'un grand. Il a le niveau physique, l'intellect et il a acquis cette maturité pour maîtriser ses émotions jusqu'au moment où il faut absolument lâcher cette énergie pour faire la différence", assure Vincent Lavenu.

Des adversaires de haut niveau. Romain Bardet a beau être en grande forme, ses adversaires sont également plus que solides. Mercredi, le Colombien Rigoberto Uran a résisté à toutes les attaques du Français et lui a même chipé la deuxième place au jeu des bonifications à l'arrivée. Quant à Christopher Froome, s'il est moins dominateur que les deux dernières années, il peut compter sur une équipe Sky impressionnante. "Froome a une équipe formidable qui lui permet de s'adosser à quelque chose de solide. Mikel Landa est extraordinaire, on se rend bien compte que dans le final, il arrive à boucher les trous pour Froome qui se retrouve avec un atout supplémentaire", souligne Vincent Lavenu.

Jeudi, dans les ascensions du col de Vars puis de l'Izoard, Romain Bardet pourra également compter sur ses coéquipiers, fidèles lieutenants qui le motivent à chaque étape. L'équipe a été construite autour de lui, avec des coureurs capables de l'accompagner le plus loin possible dans les cols, à l'image de Mathias Franck, Cyril Gautier, Alexis Vuillermoz et Pierre Latour. Sous ses airs timides, l'actuel troisième du général est un leader, un meneur au sang froid. A lui de le prouver une bonne fois pour toute.