Ce qu'il faut savoir du scandale à la Fifa

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Ce qu'il faut savoir du scandale à la Fifa
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L'institution du foot mondial fait face à des accusations de corruption sans précédents avec deux enquêtes en cours et l'arrestation mercredi de 7 de ses hauts responsables. 

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Deux coups de canons sont venus ébranler mercredi l'édifice de la Fifa, l'instance du football mondial, qui a longtemps eu des airs de forteresse imprenable face aux accusations de corruption permanentes. A la veille de son congrès annuel et de l'élection de son président, la Fédération internationale de football association est désormais au cœur d'une tempête judiciaire, ouverte sur deux fronts : 

- Une enquête de la justice américaine sur un vaste système de corruption présumé. Sept hauts responsables de la Fifa ont été interpellés à Zurich et placés en détention avec une extradition vers les États-Unis.

- Des investigations de la justice suisse sur les Coupes du Monde 2018 et 2022. Le siège de la Fifa à Zurich a été perquisitionné.

>> Les réactions à ces deux affaires :

- Michel Platini, le président de l'UEFA, a demandé à Sepp Blatter de démissionner.

- Sepp Blatter a pris la parole jeudi en fin d'après-midi. Il a annoncé "d'autres mauvaise nouvelles à venir", lors de l'ouverture du congrès de la Fifa.

  • Blatter annonce "d'autres mauvaise nouvelles à venir"

La mine sombre, le visage grave, Sepp Blatter a pris la parole jeudi en fin d'après-midi. "D'autres mauvaises nouvelles sont à venir", a mis en garde le président de la Fifa dans son discours d'ouverture du 65e congrès de la Fifa. "Nous sommes face à une époque très difficile pour la Fifa. Les événements d'hier (mercredi) ont assombri l'image de l'institution. Ils ont jeté la honte et l'humiliation sur le football. Nous ne pouvons pas laisser l'image du foot se détériorer ainsi. Il faut arrêter ça aujourd'hui, et tout de suite", a déclaré Sepp Blatter, avant de souligner qu'il "ne pouvait pas surveiller tout le monde."

  • Platini a demandé à Blatter "de démissionner"

Michel Platini, président de l'UEFA, a demandé à Joseph Blatter, président de la Fifa, "de démissionner", jeudi, lors d'une réunion des président de Confédérations à la veille de l'élection présidentielle à la Fifa à Zurich. "Je lui ai demandé de démissionner, assez c'est assez. Sepp Blatter m'a écouté, mais il m'a dit 'c'est trop tard' ", a expliqué à la presse Platini. L'ancien numéro 10 des Bleus a appelé à voter pour son challenger le prince jordanien Ali Bin Hussein.

  • La Fifa ne change rien pour l'élection

La Fifa est ébranlée, mais Sepp Blatter et son secrétaire général Jérôme Valcke "ne sont pas impliqués" dans cette affaire a répondu l'institution. Le ministère public helvétique a par ailleurs indiqué jeudi qu'il ne prévoyait pas à ce jour d'auditionner le président. Vendredi, le président de la Fifa briguera donc un cinquième mandat à la tête de la richissime et surpuissante institution. 

La Confédération africaine (CAF) lui a réitéré son soutien. Mais l'UEFA, elle, a demandé le report "dans les six mois" d'un congrès électif qui "risque de tourner à la farce". "Ces événements montrent que la corruption est profondément enracinée dans la culture de la Fifa", a estimé l'instance du football européen.

>> Noël Le Graet : "Je regrette que Michel Platini n'ait pas été candidat à cette élection". 


"Platini est le meilleur candidat pour diriger...par Europe1fr

De son côté Sepp Blatter a rencontré les représentants des six confédérations continentales membres de son instance, jeudi matin à Zurich. Les présidents ou leurs représentants de l'UEFA, l'AFC (Asie), la Conmebol (Amérique du Sud), la CAF (Afrique), l'OFC (Océanie) et la Concacaf ont participé à cette réunion, dont l'objet n'a pas été précisé. Peu après, la CAF, a annoncé qu'elle s'opposait à tout report de l'élection à la présidence de la Fifa. 

  • Coup de filet dans un hôtel cinq étoiles

Tout a commencé vers six heures du matin, mercredi matin, lorsque des policiers suisses opérant à la demande des autorités américaines se sont présentés à l'hôtel de Zurich où sont logés les principaux dirigeants de la Fifa. Ils y ont interpellé sept d'entre eux. Les suspects ont été placés en détention et font l'objet d'une demande d'extradition américaine.  Au total, neuf élus actuels ou passés de la Fifa et cinq partenaires de l'instance mondiale du football ont été inculpés de corruption, racket et blanchiment à New York.



Ils sont accusés d'avoir reçu ou distribué plus de 150 millions de dollars depuis 1991, pour les droits de diffusion de tournois internationaux. En fin de journée, la Fifa annonçait la suspension des neuf élus, plus Daryll Warner et l'Américain Chuck Blazer, ancien dirigeant de la Concacaf devenu l'informateur de la justice américaine. La Fédération brésilienne de football a de son côté suspendu de ses fonctions son vice-président José Maria Marin "jusqu'à la fin de l'enquête".

  • Les États-Unis dans l’œil du cyclone, le Mondial-2010 cibl

Les interpellations ne sont "que le début" de l'offensive lancée mercredi par la justice américaine, a prévenu le procureur fédéral de Brooklyn Kelly Currie. Signe de l'ampleur de l'initiative, la ministre de la Justice des États-Unis, Loretta Lynch, a elle-même accusé les personnes poursuivies d'avoir "corrompu les affaires du football mondial pour servir leurs intérêts et pour s'enrichir personnellement". 

Cette ancienne procureure fédérale, qui s'était déjà penchée sur le dossier Fifa, a lâché une nouvelle bombe. Elle concerne cette fois le Mondial-2010 en Afrique du Sud : "même pour cet événement historique, des dirigeants de la Fifa et d'autres ont corrompu le processus en utilisant des pots-de-vin pour influencer la décision d'attribution" de la Coupe du monde à un pays africain pour la première fois. 

>> "Il y aurait eu des pratiques frauduleuses généralisées à la Fifa" : 


"Il y aurait eu des pratiques frauduleuses...par Europe1fr

Le même jour, le siège de la Concacaf, situé à Miami, a été perquisitionné par le FBI. La Russie n'a en tout cas pas apprécié cette offensive américaine et a officiellement demandé à Washington de "mettre fin à ses tentatives d'exercer la justice bien loin de ses frontières". Vladimir Poutine y est même allé de sa déclaration officielle jeudi, accusant les Etats-Unis d'utiliser sa justice pour "empêcher la réélection" de Joseph Blatter à la tête de la Fifa. 

  • Perquisition à la Fifa

Dans une procédure distincte, le parquet suisse a annoncé avoir saisi des documents électroniques au siège de la Fifa à Zurich. Ces investigations interviennent dans le cadre d'une procédure pénale contre X pour soupçon "de blanchiment d'argent et gestion déloyale" entourant les attributions des Coupes du monde 2018 et 2022 à la Russie et au Qatar. Cette enquête, ouverte depuis le 10 mars, n'avait pas été rendue publique jusqu'à mercredi.

Selon le directeur de la communication de la Fifa, cette perquisition est liée à la plainte déposée le 18 novembre par la Fifa pour des soupçons de "transferts internationaux de patrimoine".