Pourquoi Paris aura les JO 2024

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Pourquoi Paris aura les JO 2024
Plusieurs arguments de poids pourraient faire pencher la balance en faveur de Paris (photo d'illustration). @ AFP
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Après l'accord du CIO sur la double attribution, Paris et Los Angeles doivent décider quelle ville organisera les jeux en premier. De nombreux arguments penchent déjà en faveur de la capitale française.

Encore deux mois de suspense… ou pas. Mardi, le comité international olympique (CIO) a validé le principe de la double attribution des Jeux olympiques entre Paris et Los Angeles, afin qu'il n'y ait pas de vrai perdant : celle qui ne sera pas choisie pour organiser la compétition en 2024 l'obtiendra en 2028. Reste désormais à attribuer une date à chacune des villes. Un choix qui sera officialisé au plus tard le 13 septembre lors d'une réunion du CIO à Lima, au terme de deux mois de négociations tripartites. À moins que les jeux soient déjà faits, au vu du nombre d'arguments qui penchent en faveur de la capitale française.

  • Parce que Los Angeles n'a pas dit non à 2028

Ces derniers mois, alors que la double attribution se dessinait déjà, Paris a toujours souligné que son projet n'était conçu que pour accueillir les Jeux de 2024. Los Angeles, a, en revanche ouvert la porte à la concession à plusieurs reprises. Début juin, le patron de la délégation américaine en charge des négociations, a été le premier à évoquer cette possibilité : "pour parler clairement, la candidature de LA 2024 n'a jamais été uniquement à propos de Los Angeles et uniquement à propos de 2024", a-t-il avancé. Des propos réitérés mardi, après l'annonce du CIO : "il s'agit de servir le mouvement olympique bien au-delà de 2024".

D'autant que la ville qui acceptera 2028 bénéficiera de compensations financières : elle pourrait toucher de 100 à 200 millions de dollars (87 à 174 millions d'euros), notamment afin de geler les sites prévus pendant quatre ans. Devant quelques journalistes, un porte-parole de Los Angeles a ainsi évoqué un "better deal" ("meilleure affaire") : "Les contrats seront renégociés à la hausse, tout comme la garantie offerte par le CIO."  

  • Parce que les infrastructures ne peuvent pas attendre

"Notre projet en 2028 sera moins bon qu'en 2024", estime Tony Estanguet, coprésident de la candidature parisienne. "Le projet technique, on ne pourra pas le maintenir pour 2028 et forcément on va devoir s'éloigner du centre de Paris. Si on installe le Village olympique et le centre aquatique plus loin, ce n'est pas le même projet." Comme le souligne L'Équipe, le Village doit en effet être situé sur l'Île Saint-Denis et être construit en même temps que 7.000 logements, qui ne peuvent pas attendre 2028. Si Paris n’obtenait pas gain de cause, un effet ricochet est probable : plus rien ne justifierait par exemple d'installer le centre de presse au Bourget, un lieu choisi pour sa proximité avec Saint-Denis.

Los Angeles, au contraire, base son projet sur "97% de structures existantes ou temporaires", selon le comité d'évaluation du CIO. Très peu de nouvelles constructions, donc, puisque la ville envisage d'utiliser le campus de l'université UCLA comme Village olympique.

  • Parce que le développement du territoire est en jeu

"Notre projet, c'est aussi un projet qui vise à transformer le Grand Paris, la Seine-Saint-Denis", a souligné la maire de la capitale Anne Hidalgo, mercredi matin sur Europe 1.  "J'ai vraiment voulu qu'on s'engage pour que ce soit utile, et notamment à ce territoire, le territoire le plus jeune de France (...). Ce territoire-là, on ne va pas en geler la transformation pendant des années." Les habitants du département attendent en effet beaucoup des travaux prévus à l'occasion des JO, qui devraient permettre d'accélérer le plan de rénovation prévu de longue date, de créer de la main d'oeuvre pour lutter contre le fort taux de chômage, et d'améliorer le réseau des transports en commun.

  • Parce que l'Histoire est du côté de la France

Plus anecdotique, c'est l'un des arguments régulièrement évoqués par les défenseurs du projet parisien : "Paris 2024", cela sonnerait bien, pile cent ans après les Jeux olympiques de 1924, déjà organisés dans la capitale française. "Ce n'est pas une tactique de mettre en avant le centenaire", assure Tony Estanguet. "Cela fait partie des atouts classiques, comme le fait qu'on présente une quatrième candidature et le fait que l'on est un partenaire qui accueille régulièrement des événements avec succès."