Mort de Pantani : la thèse de l'overdose confirmée

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Mort de Pantani : la thèse de l'overdose confirmée
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ENQUÊTE - Les conclusions du médecin légiste confirment la thèse de l'overdose du champion, en 2004.

"Marco Pantani n'a été ni agressé ni frappé avant de mourir." Telle est la conclusion du médecin légiste qui s'exprimait dans le cadre de la réouverture de l'enquête sur la mort du champion cycliste italien, Franco Tagliaro. Le corps sans vie du vainqueur du Tour de France 1998 avait été retrouvé dans un hôtel de Rimini, le 14 février 2004. La justice avait conclu à une mort par overdose de cocaïne, à l'âge de 34 ans. Mais l'avocat de la famille de Pantani, Antonio De Rensis, défendait l'hypothèse d'un "homicide volontaire" et avait obtenu la réouverture de l'enquête, dix ans après la mort du champion italien. Le corps de Pantani avait été retrouvé avec des lésions superficielles sur le visage et le corps.  L'expert médico-légal de la famille Pantani, le docteur Francesco Avato, avait affirmé qu'il était "plausible" que ces lésions aient été provoquées par une lutte entre Pantani et un agresseur, qui l'aurait forcé à ingurgiter une grande quantité de cocaïne diluée dans un verre d'eau.

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© REUTERS

"Pantani est mort dans la cocaïne, le désespoir et la solitude." L'emballement médiatique qui a accompagné la réouverture de cette enquête a suscité lundi une réaction outrée des cinq policiers chargés de l'enquête en 2004. Ils se sont déclarés, par l'intermédiaire de leurs avocats, prêts à poursuivre en justice toute diffamation contre leur travail.

"Il ne semble plus possible de garder le silence et surtout de continuer à tolérer un lynchage médiatique qui a pris des proportions insupportables", ont écrit les avocats Moreno Maresi et Mattia Lanciani dans un communiqué à l'agence Ansa en évoquant des "accusations" propagées "en termes sensationnalistes". Les affirmations du médecin légiste, mardi, rejoignent la thèse du journaliste Andrea Rossini, qui réfute que le Romagnol ait pu être victime d'un complot dans un livre qui vient de paraître, L'affaire Pantani, le dernier kilomètre (secrets et mensonges) (NdA press). L'auteur, journaliste au Corriere Romagna, conclut son enquête en disant que "Pantani est mort dans la cocaïne, le désespoir et la solitude".

Deux enquêtes ont été rouvertes. Outre celle sur sa mort, conduite par le parquet de Rimini, une deuxième, ouverte début septembre 2014 par le parquet de Forli, étudie l'hypothèse d'une "fraude sportive" qui aurait trafiqué l'hématocrite du coureur lors de son exclusion du Giro 1999, à la veille de l'arrivée. Ce fut là le début de la chute pour celui qui reste un mythe en Italie et que ses supporters aimeraient réhabiliter.