Gasquet, la défaite malgré le style

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Gasquet, la défaite malgré le style
Pour la quinzième fois, en 16 participations à un huitième de finale d'un Grand Chelem, Richard Gasquet (n°7) s'est incliné, lundi.@ MAXPPP
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ROLAND-GARROS - Le joueur français a été battu au terme d'un combat splendide, lundi.

La malédiction continue. Et de 15. Pour la quinzième fois, en 16 participations à un huitième de finale d'un Grand Chelem, Richard Gasquet (n°7) s'est incliné, lundi. Le Biterrois, pourtant admirable au niveau du jeu comme de la mentalité, a cédé en cinq manches et plus de quatre heures face au Suisse Stanislas Wawrinka (n°9), lundi (6-7(5), 4-6, 6-4, 7-5, 8-6). Sa demi-finale à Wimbledon en 2007 reste donc toujours à ce jour la seule fois où Gasquet est allé plus loin que les huitièmes dans un Majeur. Et pourtant, il n'en a jamais été aussi prêt. En effet, sur un court Suzanne-Lenglen surchauffé, il a mené deux manches à zéro face à un Wawrinka touché à la cuisse gauche, strappée en cours de match. Mais le joueur tricolore, aux intentions moins tranchés et aux attaques mois tranchantes, a ensuite permis à son adversaire, retrouvé, de revenir dans la partie. Et, malgré de magnifiques barouds d'honneur dans les quatrième et cinquième sets, Gasquet, marqué par la malédiction, a fini par baisser pavillon.

Gasquet finit par craquer devant Wawrinka :





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© MaxPPP

Une défaite homérique. Gasquet-Wawrinka, c'était l'opposition de deux des plus beaux revers du circuit. Mais c'est paradoxalement avec d'autres armes que le Français a réussi à bousculer le Suisse. Confronté d'entrée de premier set à plusieurs balles de break, le Biterrois s'en est sorti grâce à son service (4 aces et 79% de points gagnés sur premières balles dans le premier set). Dans la deuxième manche, Gasquet a pris le large très tôt face à un Wawrinka visiblement handicapé par des douleurs aux adducteurs. Mais le Suisse, combatif, est revenu dans la partie. Gasquet, lui, n'est pas sorti de la sienne, et le troisième et plus encore plus le quatrième set ont atteint des sommets d'intensité. Mené 4-3 dans la quatrième manche, le Biterrois a notamment sauvé six balles de break, à chaque fois avec un coup gagnant : quatre coups droits, un revers et un service. Malgré la perte de ce set, le Français, soigné par le kiné en début de cinquième manche pour des crampes à la cuisse gauche, a relevé la tête pour lutter jusqu'au bout. Il a même eu deux balles de break à 5-5 pour mener 6-5. Mais, épuisé, il a fini par craquer face à un adversaire plus solide que lui au service et qui a eu l'avantage de faire la course en tête lors de cette manche décisive.

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© MAXPPP

Une communion rompue. Il n'a pas fallu attendre très longtemps avant que les premiers "Richard ! Richard !" ne descendent des tribunes, lundi. Avant même le début de la partie, le public du Suzanne-Lenglen a montré qu'il était décidé à soutenir son champion. A la fin du premier set, après un jeu décisif passionnant et électrique, remporté par le Français 7 points à 5, la première ola a réchauffé une atmosphère un peu fraîche. Par la suite, les encouragements n'ont cessé d'affluer du classique "Allez Richard !" à l'humoristique "Allez coeur de lion" en passant par le footballistique "Richard est magique !". Le joueur, lui, s'est montré plus enclin à manifester sa joie et sa satisfaction, et pas seulement en fin de set. Après avoir égalisé à 4-4 dans la troisième manche, il a ainsi rejoint la ligne de fond en serrant ostensiblement le poing, soulevant des "Richard ! Richard !" en masse. Le retour de Wawrinka à deux sets partout n'a pas douché l'enthousiasme du public, qui l'a soutenu jusqu'au bout. Gasquet lui-même en a joué, notamment dans la cinquième manche, quand ses jambes ne le portaient presque plus. Et quand la sentence est tombée après trois derniers coups totalement ratés, le public ne s'y est pas trompé, scandant de nouveaux "Richard ! Richard !" pour accompagner sa sortie du court. La communion entre Gasquet et Roland-Garros a été rompue. Mais peut-être seulement pour cette année...

Nadal pour Wawrinka. Avoir Tsonga-Federer d'un côté et Gasquet-Nadal de l'autre en quarts de finale de Roland-Garros aurait eu une drôle d'allure. Mais c'est finalement Wawrinka qui a hérité du redoutable privilège de défier Nadal sur sa terre. A l'issue de la rencontre, le compatriote de Federer a rendu hommage à sa victime du jour. "Il m'a poussé à jouer mon meilleur match, ça a été une bataille incroyable, dans une atmosphère monstrueuse", a confié Wawrinka. "On se serait cru en Coupe Davis, j'ai été obligé de jouer mon meilleur tennis." Ce Gasquet-Wawrinka, par sa durée et la qualité du tennis produit, aura quoi qu'il arrive marqué cette quinzaine. Comme le Simon-Federer de vendredi. Malheureusement pour le tennis français, à chaque fois, le représentant tricolore a perdu après avoir fait la course en tête...