JO de Rio 2016 : de Grozny à Rio, l'incroyable histoire d'un lutteur français

  • A
  • A
JO de Rio 2016 : de Grozny à Rio, l'incroyable histoire d'un lutteur français
Zelimkhan Khadjiev aux côtés du maire de nice Christian Estrosi pour recevoir la médaille de la ville@ France 2
Partagez sur :

Zelimkhan Khadjiev entre en lice ce vendredi pour la lutte libre des -74 kg. Une revanche pour ce Tchétchène arrivé en France à 11 ans.

Les athlètes français engagés dans les épreuves de lutte ne sont pas légion aux Jeux olympiques 2016. Mais l'un d'entre eux porte encore plus fièrement que les autres les couleurs françaises. À 22 ans, Zelimkhan Khadjiev va combattre sous le drapeau bleu-blanc-rouge après avoir fui la Tchétchénie en pleine guerre lorsqu'il avait 11 ans avec son frère et ses parents. Portrait de ce petit Niçois au nom slave qui a décroché sa place en équipe de France. 

Un amour pour la lutte. Il y a onze ans, Zelim débarque à Nice avec ses parents, son frère aîné et ses deux petites soeurs. La famille vient de quitter son village natal pris dans la seconde guerre de Tchétchénie qui fait rage dans le Caucase. "Sur la route, j’ai vu la Promenade des Anglais. C’était magnifique, vraiment. Je n’avais jamais rien vu de tel. Je venais d’un pays en guerre, où tellement de choses avaient été détruites. En arrivant, je me suis senti en sécurité", raconte l'athlète au Figaro. Un peu perdu, le jeune garçon se retrouve à accompagner son frère dans un club de lutte. Il y rencontre d'autres enfants tchétchènes et peut continuer de s'entraîner au sport qu'il pratique déjà depuis 4 ans.

Des débuts en France un peu difficiles. Zelim ne parlait pas un mot de Français en arrivant. Alors pour que les enfants de réfugiés apprennent plus vite leur nouvelle langue, leur entraîneur Ali Toumi leur interdit de parler tchétchène sous peine de faire des pompes supplémentaires. "Cela nous a bien aidés car cela nous a obligés à parler français et à force, c’est venu. J’estime vraiment que c’est la lutte qui m’a 'intégré' à la société française", affirme-t-il encore. C'est d'ailleurs grâce à cet entraîneur que la famille a pu régulariser sa situation en France, précise RFI.

Un élève brillant. Et le jeune homme révèle rapidement ses talents pour la lutte, sport national dans son pays d'origine. Son ancien entraîneur niçois se souvient des talents de son élève. "On a tout de suite décelé chez lui un talent rare. On a vite compris qu’il avait un don. Ce qui m’a frappé le plus chez lui c’était sa détermination. Je n’avais jamais vu cela", raconte-t-il à RFI. Il faut dit que le jeune garçon a un rêve auquel il croit dur comme fer : décrocher une médaille olympique. Repéré par l'équipe de France alors qu'il n'avait que 18 ans, il monte sur la plus haute marche du podium des championnats du monde de lutte junior en 2014. Zelim offre alors son premier titre de cette envergure à la France.



Une médaille olympique dans le viseur. Lorsqu'il se qualifie pour les Jeux olympiques de Rio aux championnats du monde de Las Vegas en 2015, l'athlète n'a plus qu'un but : ramener l'or dans son pays d'adoption qui l'a si bien accueilli. "Je vise l’or car on ne se rappelle que du champion. On ne se souvient jamais du vice-champion olympique ou du troisième. Je rêve de l’or, mais je serai content avec les autres métaux", explique le jeune homme à Francetv sport. Pour son entraîneur, Didier Païs, l'enjeu est envisageable. "Les gens se méfient de lui. Tout le monde est au courant de son niveau, de ce qu’il fait." 

Un niveau que certains athlètes envient et que Zelim reconnaît devoir, en partie, au soutien de sa famille. Il sait que ses parents ont quitté la Tchétchénie pour offrir un meilleur avenir à leurs enfants. De vétérinaire, son père est devenu maçon tandis que sa mère a pris un emploi de femme de chambre dans un hôtel après avoir été institutrice dans son pays. "Au début, [mes parents] voulaient que j’accorde la priorité à mes études afin d’avoir un bon diplôme mais quand je suis devenu champion du monde dans les catégories de jeunes, ils ont compris que j’étais fait pour la lutte. À partir de là, ils m’ont dit de tout donner pour ce sport et de tout faire pour réaliser mon rêve", confie-t-il au Figaro. Un objectif qu'il a bien l'intention d'atteindre à Rio.