JO 2024 : "Il ne faut pas se focaliser sur la création d'emplois nets, pérennes et durables"

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L'économiste du sport Pierre Rondeau estime également qu'il y a aura un remplacement des touristes venus pour la culture française par ceux qui viennent assister aux épreuves des Jeux olympiques en 2024, à Paris.

INTERVIEW

Les Jeux olympiques 2024 vont-ils durablement bénéficier à l'économie francilienne et française ? La question suscite le débat alors que Paris a obtenu mercredi le retour des anneaux olympiques dans la capitale, un siècle après les derniers JO organisés dans la Ville lumière. Pour Pierre Rondeau, économiste du sport invité de Raphaëlle Duchemin jeudi matin dans Europe 1 Bonjour à 6h20, la manne apportée par l'organisation de ces Jeux n'est pas garantie sur le long terme.

Pas de baisse du chômage après l'Euro. Pour lui, le fait que le Centre de droit et d’économie du sport prévoit entre 150.000 et 250.000 créations d'emplois sur 30 ans oblige à la mesure : "Ça fait en moyenne du 6.000 emplois par an, ce qui est une brindille par rapport au nombre de chômeurs qu'il y a en France", explique-t-il. Surtout que les compétitions précédentes n'ont pas vraiment permis de pérenniser ces emplois. "L'Euro 2016 a pu créer des emplois avant et pendant la compétition, mais avons-nous vu une inversion de la courbe du chômage après la compétition ?", interpelle-t-il.

Infrastructures déjà construites en grande partie. Ce qui doit amener, selon le professeur à la Sports Management School, à "ne pas se focaliser sur la création d'emplois nets, pérennes et durables lors d'une grande compétition internationale. Je vais plutôt mettre en avant l'héritage structurel, les infrastructures" qui sont déjà "construites à 90-95%, selon l'argument de Paris pour avoir les Jeux". 

Autant de touristes en 2024 ? Côté visites, la France va-t-elle profiter d'une arrivée massive de touristes à l'été 2024 ? Pas forcément, répond encore Pierre Rondeau : "Ce qui va se passer, c'est qu'il y aura un remplacement des touristes culturels par des touristes sportifs. En 2016, pour l'Euro, les musées ont constaté une réduction de la fréquentation. C'est ce qui va passer, à mon sens, pour 2024." D'après l'économiste du sport, ce n'est pas forcément un handicap pour l'économie française dans son ensemble : "L'avantage du touriste sportif, c'est qu'il consomme plus en moyenne que le touriste culturel. Ce sera bénéfique à la TVA."