JO 2018 - Martin Fourcade : "Une immense fierté que mon travail soit reconnu"

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Le biathlète, désormais quintuple champion olympique, vainqueur de trois médailles d'or à Pyeongchang, dresse samedi sur Europe 1 un bilan très positif de ses Jeux. À tous points de vue.

INTERVIEW

Fatigué mais heureux. Aux Jeux olympiques de Pyeongchang, Martin Fourcade a écrit une nouvelle page de sa légende en devenant l'athlète français le plus titré dans l'Histoire des Jeux, avec cinq médailles d'or au compteur, dont trois acquises en Corée. "Je ne me suis jamais battu pour être connu, ce n'est pas quelque chose qui me fait rêver", assure le biathète, samedi sur Europe 1. "Par contre, c'est une immense fierté que mon travail en tant qu'athlète soit reconnu".

"Une grande fierté d'avoir ramené ce sport sur le devant de la scène". Sacré sur la poursuite, sur la mass start et sur le relais mixte avec ses copains et copines de l'équipe de France, Martin Fourcade a en tout cas mis un sacré coup de projecteur sur sa discipline, n'en déplaise à Pierre Ménès. Le journaliste sportif estampillé Canal+ avait exprimé vendredi, dans un billet publié sur le site de Cnews, tout son désintérêt pour les JO d'hiver de Pyeongchang, non sans tacler au passage le porte-drapeau de la délégation tricolore. "S'il n'était pas français, qui s'intéresserait franchement au biathlon, à part trois anciens chasseurs alpins ?", avait lancé le consultant, avant d'être renvoyé dans ses cordes par l'intéressé sur Twitter. "Les plus sceptiques diront que les Français regardent le biathlon parce que je gagne, et je sais que ça en fait partie, mais c'est une grande fierté d'avoir réussi à ramener ce sport sur le devant de la scène", répond encore Martin Fourcade sur Europe 1.

Entendu sur Europe 1
On n'a jamais demandé à être traités comme une finale de Coupe du monde de foot

"Les performances sportives ne doivent pas être dénigrées". "Certaines personnes n'aiment pas le biathlon ou ne trouvent pas notre sport passionnant, je peux le comprendre, je ne suis pas un despote", continue le champion. "Par contre, je crois que les performances sportives, que ce soit pour moi ou pour de nombreux autres athlètes, ne doivent pas être dénigrées. Réussir à faire basculer une vingtième palette pour aller chercher un titre olympique en biathlon, pour moi, c'est quelque chose d'aussi fort que de réussir la balle de match à Roland-Garros pour Roger Federer. Les deux sports n'ont rien à voir, les deux médiatisations n'ont rien à voir. Mais on n'a jamais demandé à être traités comme une finale de Coupe du monde de foot", défend le sextuple tenant du titre de la Coupe du monde de biathlon, justement.

"Arriver à pérenniser une Coupe du monde en France tous les ans". Le Pyrénéen de 29 ans, qui a déjà prévenu qu'il ne serait (normalement) pas présent à Pékin dans quatre ans, entend bien glisser sur l'engouement suscité cet hiver comme il glisse sur la neige. "Ce que je souhaite, ce serait d'arriver à pérenniser une Coupe du monde en France tous les ans", lâche-t-il, avant de pointer l'absence dans le pays d'un stade de renommée internationale dédié à la pratique. Voilà son vœu pour le long terme. Pour l'heure, après deux semaines de compétition particulièrement intenses, tant sur les pistes qu'en dehors, son envie est bien ailleurs : "rentrer à la maison serrer mes petites filles dans mes bras".