JO 2016 : Mahiedine Mekhissi remet en cause le système antidopage des Kényans

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JO 2016 : Mahiedine Mekhissi remet en cause le système antidopage des Kényans
Mahiedine Mekhissi, champion d'Europe du 3 000 m steeple à Amsterdam en juillet dernier. @ AFP
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Mahiedine Mekhissi, double vice-champion olympique du 3 000 m steeple, s'interroge sur le système de contrôle antidopage des athlètes kényans.

À deux semaines du coup d'envoi des Jeux de Rio, qui auront lieu du 5 au 21 août prochain, le célèbre coureur français de 3 000 m steeple Mahiedine Mekhissi est revenu, dans un entretien accordé au quotidien Le Monde, sur la probable suspension des athlètes russes des Jeux olympiques 2016 et remet en cause le système antidopage des Kényans.

"Pourquoi sanctionner la Russie, mais pas le Kenya ou l'Éthiopie ?". Après un contrôle antidopage subi jeudi, le coureur français s'est confié au Monde. Il défend les athlètes russes, exclus pas le TAS des Jeux de Rio suite aux révélations de l'affaire de dopage d'État, et s'en prend aux Kényans, après notamment les récentes suspicions de dopage à leur sujet : "Ce que je n’aime pas au Kenya, c’est que, dix jours avant, on appelle les coureurs et on leur dit : "on va te contrôler dans dix jours". C’est ça, leurs contrôles inopinés. Moi, je le sais quand ça toque à la porte, à 6 heures du matin. C’est du deux poids, deux mesures. Ce n’est pas normal [...] Il se passe des choses là-bas, maintenant on le sait. Il faut enquêter. Les athlètes russes sont privés de Jeux olympiques. Pourquoi sanctionner la Russie, mais pas le Kenya ou l’Ethiopie ?" a-t-il lancé. 

"Tu cours contre des mecs sans savoir s'ils sont dopés ou pas". Si le spécialiste du 3 000 m steeple n'était visiblement pas au courant de la loi antidopage entrée en vigueur fin juin au Kenya, il soulève un autre problème de taille, celui de l'obligation de localisation : "ce n’est pas normal qu’il n’y ait pas le passeport biologique. Les athlètes n’ont pas d’obligation de localisation. Partout où je vais, je dois dire où je dors, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, même quand je suis en vacances. On toque à ma porte, on me contrôle. Au Kenya, il n’y a pas cela. Ce sont les meilleurs coureurs de la planète, il faut les contrôler. Nous ne sommes pas à armes égales. Tu cours contre des mecs sans savoir s’ils sont dopés ou pas".

Mekhissi est un coutumier du fait. Des déclarations chocs, qui rappellent une frasque de l'athlète français en début d'année. En janvier 2016, le champion d'Europe du 3 000 m steeple s'en était déjà pris aux Kényans, en déclarant qu'il "avait un record du monde certifié", alors que le record du monde est actuellement détenu par le Qatarien Saif Saaeed SHAHEEN (en 7:53.63) depuis 2004, selon l'Association internationale des fédérations d'athlétisme… Mahiedine Mekhissi sous-entendait ainsi qu'il détenait lui-même le record du monde des sportifs "propres".