Golf : Jordan Spieth, le nouveau Tiger Woods ?

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Golf : Jordan Spieth, le nouveau Tiger Woods ?
@ EZRA SHAW / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP
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MONSTRE DE PRECOCITE - Vainqueur du Masters et de l'US Open cette année, ce Texan de 21 ans est le premier golfeur a réussir un tel exploit depuis Tiger Woods, en 2002.

Un final haletant. US Open 2015, trou 17, dimanche. Jordan Spieth, 21 ans, est tout proche de remporter la compétition qu'il domine depuis les premiers trous. Mais pour la première fois, le visage juvénile du Texan trahit une certaine tension. Lui qui joue d'habitude avec une grande maturité est enfin rattrapé par le stress. Deux putts qu'il aurait rentrés sans difficultés quelques heures auparavant lui échappent totalement. La sanction est immédiate : un double bogey (+2 sur la carte finale, une très mauvaise performance à ce niveau) qui relance complètement la partie puisque sur le dernier trou, le 18, son compatriote et dauphin au classement Dustin Johnson peut revenir à sa hauteur.

La victoire en toute simplicité. Mais la pression est telle que ce dernier rate à son tour complètement son putt, et offre la victoire au jeune prodige. Un final haletant, à la hauteur finalement de l'exploit que vient de réaliser Jordan Spieth. Pas de quoi impressionner le jeune homme, qui accueille le succès avec simplicité : "J'ai l'habitude qu'on commente mes records et ma jeunesse, mais je ne pense pas tout le temps à mon âge. C'est ma vie et c'est comme ça, j'essaye de l'accepter ", confiait-il après sa victoire.

Des records à la pelle. Les chiffres parlent pour lui : plus jeune vainqueur d'un Majeur depuis 1923, premier joueur depuis Tiger Woods à remporter la même année le Masters d'Augusta et l'US Open (c'était en 2002), sixième golfeur de l'histoire à réaliser ce doublé, cinquième joueur le mieux payé. Le tout trois ans à peine après son arrivée sur le circuit PGA, celui de l'élite mondial du golf, Jordan Spieth est un monstre de précocité. De maturité aussi, puisque quelques minutes après cette victoire retentissante, ses premiers mots vont, comme toujours avec lui, vers sa famille et son caddy (la personne chargée de le conseiller et de porter ses clubs), Michael Greller, dont il est très proche.

Rapport très spécial avec son caddy. Cet ancien professeur de maths a un rôle très important dans la réussite du jeune homme. "Dans ce métier, il faut donner confiance au golfeur et le servir, exactement comme dans l'enseignement, les greens, c'est juste un autre type de salle de cours", expliquait-il Michael Greller au Washington Post (en anglais)deux mois avant l'US Open. A entendre Jordan Spieth, la reconversion du prof de maths est réussie : "Michael accompli un travail incroyable ici, il m'a aidé à me relaxer et je l'en remercie, sans lui je n'y serais pas arrivé. Mais cette victoire est aussi celle de ma famille".

Une famille au centre de sa réussite. Une famille équilibrée, où Jordan grandit aux côtés de sa sœur Ellie, autiste, dont il est très proche : "Elle est certainement la meilleure chose qui soit arrivée à notre famille. Elle me permet de mettre les choses en perspective et de me rendre compte que j'ai de la chance d'être sur le circuit", confiait-il après sa victoire au Masters 2015. Ses deux parents, issus de la classe moyenne texane, l'ont inscrit au golf dès l'âge de 8 ans. Dans son enfance et son adolescence, il franchit chaque étape avec une avance impressionnante sur les autres enfants de son âge. Il quitte prématurément le championnat universitaire en 2013, à 18 ans seulement, pour rejoindre le circuit PGA. Et finit à la 21e place pour son premier US Open! L'année suivante, il participe à la Ryder Cup, l'une des plus prestigieuses compétitions de ce sport, qui oppose l'Europe aux Etats-Unis.

Spieth-Woods, même destin ? Médiatisé, couronné de succès, le début de carrière flamboyant de Jordan Spieth rappelle évidemment celui de Tiger Woods, première star grand public du golf mondial, même si le Texan est encore loin d'avoir le même palmarès (14 titres du Grand Chelem). Autre différence avec son aîné, Jordan Spieth souligne sans cesse ce qu'il estime être la première de ses qualités : l'humilité. Peut-être qu'elle lui évitera les désillusions qu'a connu le Tigre ces dernières années.