Bleuets, les raisons d'un fiasco

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Bleuets, les raisons d'un fiasco
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FRAGILES - Eliminée une fois de plus en barrages (2-0, 1-4), l’équipe de France Espoirs a flanché mentalement.

La mine déconfite des Bleuets à la sortie du vestiaire – aucun ne s’est d’ailleurs arrêté en zone mixte à l’issue du match - tranchait foncièrement avec les scènes de liesse et de cris de joie dans le camp suédois. Malgré l’avantage de deux buts du match aller, les Bleuets ont sombré individuellement et collectivement à Halmstad, encaissant une défaite inédite. Pire, c’est au niveau du comportement qu’ils ont une nouvelle fois déçu. Pas question de virée nocturne en taxi comme il y a deux ans, mais d’un manque de maturité sur le terrain.

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Manque d’humilité. Il n’y a pas que le courant qui a disjoncté à l’Örjans Vall – une coupure est survenue à 40 minutes du coup d’envoi -, les joueurs ont aussi pété un plomb. Incapable de gérer les provocations adverses – et notamment celle de l’attaquant John Guidetti – une partie des joueurs a répondu sur le pré. C’est le cas notamment de Layvin Kurzawa. Le Monégasque, chambré par Guidetti, a  reproduit son geste au moment de  marquer le but du 3-1, qui qualifiait virtuellement les Bleuets, à trois minutes de la fin. Un geste déplacé dans une atmosphère pesante qui s’est payée cash, avec dans la foulée le 4e but suédois synonyme, lui, de qualification.



"Certains comportements me mettent hors de moi", pestait le sélectionneur Pierre Mankowski en zone mixte. "Pourtant, on les avait prévenu". Et de préciser sa pensée au sujet du geste du latéral gauche : "Ce n’est pas normal (ce qu’il a fait, ndlr), On a la chance de revenir à 3-1, c’est tout juste si on ne va pas chambrer l’adversaire quand on revient. Encore une fois, il faut être humble, chercher le résultat. On fait un peu n’importe quoi par réaction. J’aurais préféré qu’on réagisse avec le ballon plutôt qu’avec des faits extérieurs."

L’incompréhension de Mankowski. Et le sélectionneur, dont les changements tactiques peuvent également prêter à quelques interrogations, d’enfoncer le clou. "C’est difficilement explicable. Pourquoi, d’un seul coup, une équipe qui doit montrer de la détermination car derrière il y a un truc à jouer, devient très passive ?", s’interroge-t-il.

Et ne lui parlez pas des éléments qui peuvent prétendre, un jour, intégrer les A : "Avec le ballon ils sont très doués, mais dans l’esprit d’agressivité, dans la détermination, on a des manques." On les pensait pourtant blindé mentalement, mais il faut croire que tous les matches joués précédemment, aussi bien en sélection qu’en clubs, n’ont pas été suffisants. Une forme de vanité qui semble être le mal des espoirs français, alors cette catégorie est incapable de se qualifier pour l’Euro depuis huit longues années maintenant.

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« Ne pas tout remettre en cause ». Pour autant, le président de la Fédération française de football Noël Le Graët, présent au stade, essaye de relativiser. "C’est inexplicable. Prendre quatre buts, ce n’était pas prévu", se désole-t-il micro Europe 1. "C’était tout simplement un match sans, on est passé au travers, on n’a pas été assez conquérants. Sur le match on n’a pas existé. Mais il ne faut pas tout remettre en cause, c’est juste un match raté.

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Dynamique cassée. Cette spirale infernale chez les Bleuets commence sévèrement à irriter. "Je suis habitué (aux éliminations, ndlr), mais ça fait ch… de s’y habituer", glisse un proche du staff. D’autres pointent du doigt la trop haute estime de cette équipe. "Individuellement, on est très forts, collectivement, on est nul", confie un joueur. La dynamique débutée sous l’ère Sagnol semble avoir fait long feu.

Désormais, c’est toute une génération – la 92 – qu’on ne verra plus sous le maillot des Bleuets, trop vieille pour participer au prochain Euro, en 2017. Des joueurs qui devront prendre le temps de digérer cette douloureuse élimination et qui devront se poser les bonnes questions au moment de retrouver leurs clubs respectifs. L’expérience se glane dans les victoires tout comme dans les défaites, les Bleuets en ont fait l’amère expérience.