"Fifa 16" : on a testé les équipes féminines

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"Fifa 16" : on a testé les équipes féminines
Le football féminin fait son apparition dans "Fifa 16". Et, franchement, c'est plutôt réussi...@ Electronic Arts
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PREMIÈRE - Pour la première fois, douze sélections nationales féminines font leur apparition dans le jeu de football virtuel, qui sort jeudi en France.

C’était devenu une arlésienne vidéoludique : à quand l'apparition de joueuses dans des simulations de football ? Après plus de 20 ans d'existence, la franchise Fifa de l’éditeur américain EA Sports, née en 1994, a enfin franchi le pas cette année : le football féminin est à l'honneur dans Fifa 16 !

Les joueuses font leur apparition dans Fifa 16 :

Douze sélections nationales, dont la France. C’est lors de la soirée de lancement du jeu dans une boîte branchée parisienne, manette en mains, que nous avons pu tester en avant-première les doubles virtuels de Louisa Nécib, Wendie Renard et consorts. Tout d’abord, petits malins, n’essayer pas d’opposer des filles à des homologues masculins, le jeu ne le permet pas. Une section "femmes" est spécialement dédiée aux 12 sélections nationales jouables (Allemagne, Angleterre, Australie, Brésil, Canada, Chine, Espagne, États-Unis, France, Italie, Mexique et Suède). Les Etats-Unis et l’Allemagne sont les deux sélections les mieux notées, talonnées de peu par la France et la Suède.

Outre la possibilité de jouer en amical, une sorte de tournoi mondial est possible, en ligne et hors ligne. Le contenu est pour le moment un peu chiche, avec notamment l’absence notable (problème de licence ?) du Japon, pourtant finaliste de la dernière Coupe du monde au Canada. Mais il s'agit là d'un premier signe très encourageant pour le football féminin, qui compte plus de 5 millions de licenciées à travers le monde, et plus de 70.000 en France.

Et le jeu, dans tout ça ? Si certains craignaient un ajout purement "cosmétique" et marketing - les "gameuses" sont la nouvelle cible de l’éditeur américain EA Sports -, il n’en est rien. Le jeu respecte à la lettre le "gameplay" du football, version féminin. Aussi, les joueuses sont plus vives que leurs homologues masculins et il se dégage une impression de légèreté et de fluidité dans le jeu. Tout est moins brouillon, le terrain paraît plus grand et il est plus facile de construire les actions. Revers de la médaille, certains contrôles de balle sont quelque peu fuyants – "ça ressemble décidément au football féminin" a-t-on d’ailleurs entendu sur certaines bornes –, et on note un manque global de vitesse et de puissance dans les frappes.

En revanche, les animations frôlent la perfection, avec un soin tout particulier apporté… au mouvement des cheveux et notamment des queues de cheval. Quant aux proportions, les gabarits sont globalement bien respectés. Ce qui nous permet d’en venir au soin apporté au modélisations.

Laure Boulleau jouant à "Fifa"

Laure Boulleau aux manettes, avec Blaise Matuidi et Bruce Grannec, légende du gaming. (J.Froment/E1)


Des joueuses photo-réalistes. L’éditeur américain a mis en effet les petits plats dans les grands. C’est simple, les joueuses sont toutes parfaitement reconnaissables. La défenseure du PSG et de l’équipe de France Laure Boulleau, rencontrée un peu plus tôt au siège de Microsoft, craignait d’avoir "la mâchoire carré" et avouait "stresser" au moment de découvrir son double virtuel. La joueuse des Bleues a vite été rassurée. "Je suis balèze (rires). Ça va, c’est ressemblant, il me manque juste un peu de cuissots", a-t-elle considéré, tout sourire, au micro d'Europe 1.

Même son de cloche pour Jessica Houara, qui se trouve "plutôt pas trop mal, ressemblante", ajoutant : "C’est mon mari qui sera ravi de pouvoir jouer avec sa femme à Fifa 16." Les joueuses ont eu droit aux mêmes égards que les garçons. Les joueuses des 12 sélections nationales ont été modélisées grâce à la motion capture (voir vidéo ci-contre), lors du tournoi amical international de l’Algarve, au Portugal, en mars dernier. Leurs mouvements ont donc été décortiqués et reproduits à l'identique, du contrôle de balle jusqu'à la célébration des buts, devenue un "must" de Fifa.

L’équipe de France féminine dans Fifa 16 :

Les Française conquises. "Mettre des équipes féminines, c'est une belle initiative et j’espère que ça va continuer et peut-être permettre à des jeunes filles de jouer avec 'nous'. C’est bien pour le football féminin", avoue, sous le charme, l’attaquante de Lyon et des Bleues Eugénie Le Sommer au micro d'Europe 1. Laure Boulleau abonde. "Jamais je n’aurais imaginé être là, devant vous, à parler de Fifa 16 et des filles dedans", insiste la joueuse du PSG. "C’est une très belle reconnaissance pour nous. Fifa, c’est un vecteur hors norme pour la promotion du football féminin". Hors norme, assurément. En effet, Fifa 15 a été l'an dernier le bien culturel le plus vendu en France, avec 1,3 millions d’exemplaires.