Cinq minutes pour comprendre le rugby

  • A
  • A
Cinq minutes pour comprendre le rugby
@ REUTERS
Partagez sur :

A LA DECOUVERTE - La mêlée, les essais ou la transformation… Europe1.fr vous aide à y voir plus clair.

L’origine. Pour les néophytes et amateurs du ballon ovale, sachez que le rugby a énormément changé depuis plusieurs siècles. Au tout début, les habitants d’un même village se retrouvaient dans un champ. Dans la confusion la plus totale, c’était la foire d’empoigne pour s’emparer du ballon et le porter dans une mare commune. Pour les équipes, pas vraiment de règles très strictes à l’époque. Tous ceux qui voulaient participer rentraient au hasard dans l’une des deux équipes. Une joyeuse pagaille, nommée "la soule", où tous les coups étaient permis. Au XIXe siècle, un certain William Webb Ellis pose les fondations du rugby en portant le ballon dans ses bras derrière la ligne de but. Avec le temps, les règles évolueront. Mais Webb Ellis reste le père de ce sport. Son nom a même été donné au trophée remis aux vainqueurs de la Coupe du monde.

essai

L’essai et la transformation. Pour ceux qui tombent parfois sur du rugby à la télévision sans en comprendre les règles, ne vous inquiétez plus, Europe1.fr vous simplifie la vie. Si vous tombez au beau milieu d’une discussion sur le Mondial, ne parlez surtout pas de but mais d’essai. La règle est simple : il faut aplatir le ballon derrière la ligne de l’équipe adverse. Comme le touchdown au football américain, c’est l’action qui rapporte le plus de points au rugby, cinq en l’occurrence. Après la main, le pied. Après un essai, un coup de pied arrêté peut donner deux points supplémentaires à l’équipe si l’ovale passe au milieu des poteaux.

La mêlée. Vous entendrez certainement ces quatre mots pendant la Coupe du monde : "crouch, touch, hold,  engage" (ou "flexion, touchez, stop, entrez" en français). L’arbitre prononce ces termes à chaque mêlée. D’accord mais quesako la mêlée ? C’est une phase de jeu qui sanctionne une faute mineure de l’équipe adverse. Les avants s’arc-boutent et se regroupent dans une position qui pourrait faire penser à un tunnel humain. Une fois que l’arbitre a prononcé les traditionnels mots, les deux équipes se mettent à pousser. Le demi de mêlée introduit le ballon et les deux équipes doivent le récupérer au pied. Si vous voulez plus de précisions sur les règles du rugby, vous pouvez aussi consulter celles, officielles, de l'IRB.

Explication de la mêlée dans un club amateur :



Le calcul des points. On récapitule : l’essai permet à l’équipe de marquer cinq points, et sept si l’essai est transformé. Viennent ensuite les pénalités. A chaque faute importante d’une équipe, l’arbitre peut siffler un coup franc. L’équipe peut décider de taper en touche pour se rapprocher de l’en-but et marquer un essai ou le capitaine peut choisir de taper la pénalité. A l’endroit où la faute a été commise, un joueur tentera de faire passer le ballon entre les perches. Trois points garantis si la pénalité est réussie. Au beau milieu d’une action, un joueur peut également décider de tenter un drop. Après un rebond au sol, il doit faire passer le ballon au milieu des poteaux. Comme la pénalité, le drop vaut trois points.

Le déroulement d’une partie. Si les footballeurs jouent 90 minutes, les rugbymen, eux, restent 80 minutes sur le terrain. Le principe est simplissime : marquer plus de points que l’adversaire. En cas d’égalité mais seulement dans un match à élimination directe (comme lors de la Coupe du monde), il peut y avoir deux prolongations de dix minutes. Si les deux équipes n’arrivent toujours pas à se départager, il peut y avoir une séance de tirs au but. Comme au foot sauf qu’il n’y a pas de gardien. Chacun à leur tour, les joueurs tentent leur chance. Dans cette terrible épreuve de mort subite, le premier qui craque a perdu.

Les joueurs. Chaque équipe est formée de 15 joueurs. Jusque là, aucun problème. Mais chaque poste porte un nom différent. Et là, ça se corse un petit peu. Chez les avants, ceux qui poussent dans la mêlée, il y a deux piliers. Dans le rôle du "déménageur", les "pillards" doivent faire le ménage et empêcher leurs adversaires de mettre la main sur le ballon. Avec le numéro 2, le talonneur fait le même boulot. Mais il doit aussi chiper au pied le ballon dans la mêlée et lancer la balle sur chaque touche. En deuxième ligne, deux montagnes de plus de 100 kilos font le ménage et poussent dans la mêlée. Juste devant eux, trois joueurs évoluent en troisième ligne. Plus élancés mais quand même très costauds, ils se chargent d’embêter le porteur du ballon et d’amorcer les attaques. Au milieu, la charnière. Avec un demi de mêlée qui sort tous les ballons dans chaque regroupement et un demi d’ouverture qui dirige le jeu, ces deux postes sont un peu comme les chefs d’orchestre de l’équipe. A l’arrière, deux ailiers, deux centres et un arrière constituent l’attaque de l’équipe. Les ailiers sont souvent les finisseurs qui marquent les essais. Dans un registre plus "gaillard", les centres créent des brèches dans la défense adverse tandis que l’arrière relance au pied et organise le dernier rideau défensif.

La légende. Le rugby s’est énormément démocratisé avec l’arrivée du phénomène Jonah Lomu. Même ceux qui ne connaissent pas bien ce sport mais qui ont déjà joué sur une console de jeux vidéos se souviennent de l’efficacité des raffuts de Lomu. Du haut de son 1,96 m et avec ses 120 kilos, l’ailier néo-zélandais raflé tout sur son passage. Surnommé "l’autobus", Jonah Lomu était capable de partir de sa ligne d’en-but et de marquer un essai après une course de 80 mètres et plusieurs raffuts. Jamais aucun autre joueur de rugby n’a atteint la popularité de Lomu, également très connu pour sa coiffure, ou plutôt sa petite houppette sur son crâne rasé.

Un petit best-of des plus beaux essais de Lomu :



Le Haka. Comment parler de rugby sans évoquer le fameux Haka. Cette danse rituelle originaire des îles du Pacifique est devenue archi-célèbre grâce aux All Blacks, l’équipe de rugby néo-zélandaise. Depuis la Coupe du monde 1987, les joueurs l’interprètent avant chaque match. Pour impressionner leurs adversaires, les 15 Blacks se rassemblent au milieu du terrain et entament leur Haka. En 2005, Tana Umaga avait innové avec un chant encore plus impressionnant (ici en vidéo) contre l’Afrique du Sud.

La France défie les Blacks pendant leur Haka en 2007 :



En France. Avec près de 350.000 licenciés et plus de 1.600 clubs, le rugby est un sport populaire de plus en plus pratiqué. L’élite française dispute chaque année le Top 14. Un championnat très relevé où les meilleures équipes (Stade Toulousain, Clermont, Toulon, Stade Français, Biarritz, Perpignan) s’affrontent tout au long de l’année. Si la France n’a jamais encore remporté de Coupe du monde, les clubs tricolores se portent très bien. La preuve en est en Coupe d’Europe : le Stade Toulousain est le club le plus titré avec quatre sacres (1996, 2003, 2005, 2010).