La Suisse, le pari réussi de l’immigration

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La Suisse, le pari réussi de l’immigration
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MELTING-POT - Sept joueurs du onze de l'équipe type sont issus de l'immigration. Un pari gagnant pour la Nati qui affronte la France vendredi (21h).

Dimanche dernier, après un match un peu terne (pour ne pas dire ennuyeux) contre l’Equateur, Haris Seferovic a offert la victoire à la Suisse (2-1) à la 93e minute. Et pourtant, le buteur de la Real Sociedad aurait pu ne jamais marquer pour la sélection helvétique. Né à Sursee (canton de Lucerne) de parents bosniens, il a bien failli choisir la patrie des Balkans. Mais après un titre de champion du monde des moins de 17 ans avec la "Nati", Seferovic opte pour la Suisse. Tout un symbole. Celui d’une sélection qui compte dans ses rangs de nombreux joueurs issus de l’immigration. Contre l’Equateur dimanche dernier, ils étaient 7 sur les 11 joueurs au coup d’envoi.

"Ils ont cassé des barrières en sélection"

Ce "melting-pot", la Suisse l’a intégré et utilisé à merveille. "Nous avons une sélection extrêmement riche en langues, origines, religions, couleurs, cela représente une grande force", estime Michel Pont, sélectionneur adjoint depuis 13 ans et ainsi grand témoin de ce redressement. "Tous ces joueurs ont servi à casser une sorte de barrière tacite qui a toujours existé entre Suisses romands et Suisses allemands", renchérit Daniel Visentini, journaliste à la Tribune de Genève contacté par Europe1.fr.

Suisse

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Sixième au classement Fifa, l’équipe suisse qui affronte la France, vendredi (21h) à Salvador, est probablement la plus forte de son histoire. Johan Djourou fait partie de cette génération dorée. Né en Côte d’Ivoire, le défenseur de 27 ans ne regrette pas une seconde son choix. "Il voulait rendre à la Suisse tout ce qu’elle lui avait donné", confie à Europe1.fr Bastou Paraïso, proche du joueur d'Arsenal. "Il est fier et se reconnaît parfaitement dans la diversité de la Nati".

Le paradoxe suisse

Crampons-Shaqiri

S’ils sont fiers d’être Suisses, ils n’en oublient pas pour autant leurs origines. Valon Behrami le porte même sur son corps. Le milieu de terrain de Naples compte 49 sélections avec la "Nati" et presque autant de dessins sur ses bras et ses jambes. Au milieu, les drapeaux de la Suisse et de l’Albanie. Vendredi soir face aux Bleus, Xherdan Shaqiri, star de cette équipe, lui aussi, arborera les traces de ce multiculturalisme. Il s’est fait broder trois drapeaux sur ses chaussures : celui de la Suisse, le pays où il a grandi, celui de l’Albanie et celui du Kosovo, le pays dans lequel il est né.

Ce "melting-pot" est d’autant plus détonnant dans un pays qui a voté en février dernier "oui" à "la fin de l’immigration massive". "C’est tout le paradoxe de la Suisse", conclut Daniel Visentini, journaliste à la Tribune de Genève. "Ceux qui ont voté cette limitation de l’immigration sont les mêmes qui sont des inconditionnels de la "Nati". Pire, ils s’en servent pour expliquer que ces footballeurs sont, eux, les bons immigrés".

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