Un géant nommé Bekele

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Un géant nommé Bekele
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Après un premier sacre sur l'épreuve du 10 000 m, l'Ethiopien Kenenisa Bekele réalise le doublé en remportant l'épreuve du 5 000 m en clôture des Championnats du Monde d'athlétisme de Berlin. Fort de ce nouveau doublé, l'Ethiopien s'accapare du titre de nouvel empereur des courses de fond, succédant au grand Haile Gebreselassie.

Après un premier sacre sur l'épreuve du 10 000 m, l'Ethiopien Kenenisa Bekele réalise le doublé en remportant l'épreuve du 5 000 m en clôture des Championnats du Monde d'athlétisme de Berlin. Fort de ce nouveau doublé, l'Ethiopien s'accapare du titre de nouvel empereur des courses de fond, succédant au grand Haile Gebreselassie.Bernard Lagat, déjà bronzé sur 1 500 mètres, tentait dimanche de conserver sa dernière couronne sur 5 000 mètres. Face à lui, un géant de 1,60 mètre en la personne de Kenenisa Bekele en lice pour son premier doublé aux Mondiaux après son sacre sur 10 000 mètres il y une semaine. Un adversaire de premier ordre comme le fut El-Guerrouj en son temps, proche d'entrer dans la légende et capable de conquérir à Berlin son quatrième titre mondial sur 10 000 mètres après Paris, Helsinki et Osaka. Un Bekele bien décidé à rééditer dans la capitale allemande son doublé de Pékin l'an passé sur les deux distances reines du grand fond. Un Ethiopien qui, contrairement à ses habitudes, prend d'emblée les commandes de cette finale. Avec des temps de passage de 2'54 et 5'34 aux 1 000 et 2000 mètres, le petit homme de Bekoji endort les Kenyans, qui n'osent pas passer ce leader aussi imposant sur la piste qu'il est effacé en dehors. La course d'équipe des hommes des hauts plateaux s'impose et leur chef de file, dauphin de Bekele à Pékin, Eliud Kipchoge, sonne la charge de ses frères. Mais Bekele, dans sa tactique de nivellement par le bas de la course, reprend les devants. Une tactique qui doit lui permettre de placer, comme à son habitude, un démarrage irrésistible dans le dernier tour. Mais le plan de Bekele pêche et à l'entame du dernier tour, les prétendants à la victoire sont encore bien trop nombreux, faute d'un écrémage suffisant, même si les Kenyans ont posé un genou à terre avec le très rare abandon de l'un d'entre eux, Ebuya. Surtout, Lagat, auteur d'une course parfaite, attend son heure tapis à la corde dans la foulée d'un Bekele, qui ne parvient pas à lâcher cet encombrant suiveur. On croit revivre le duel final de 2004 sur 1 500 mètres quand Lagat vient contester le démarrage de son rival jusque dans les derniers mètres, avant que Bekele, ainsi poussé dans ses derniers retranchements, n'affiche ce sursaut digne des plus grands.