Sus aux Français !

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RUGBY - Malgré un bilan positif - 4 v., 3 d. -, rien ne fut facile pour les clubs français.

Si le bilan de ce premier week-end de H-Cup s'avère globalement positif avec 4 victoires pour 3 défaites pour les clubs français, rien ne fut facile pour les sept formations engagées, dont aucune ne pointe en tête de sa poule et qui ont pu mesurer à quel point il sera difficile de rééditer la performance d'une finale franco-française à Cardiff le 21 mai prochain. C'est une sorte de front commun. Depuis une dernière édition que les clubs français ont marqué de leur emprunte, Gallois, Irlandais et Anglais, épaulés par des Ecossais et même des Italiens toujours prompts à jouer les trouble-fêtes, à défaut de pouvoir raisonnablement viser plus haut, ne rêvent que d'une chose: mettre au pas ces maudits "Frenchies" ! La finale 100 % tricolore au Stade de France entre Toulouse et Biarritz, ajoutée au Grand Chelem dans le Tournoi, a marqué les esprits d'adversaires déjà contraints de subir les conséquences de l'implacable montée en puissance d'un Top 14 en tant que plus grand championnat de la planète rugby. Cette chasse aux clubs français a débuté dès ce premier week-end et du côté du Leinster, Brian O'Driscoll, malgré sa sortie sur blessure, et ses coéquipiers auront sans doute goûté leur victoire inaugurale (38-22) sur un Racing, leader du Top 14, qui pour ses débuts dans l'épreuve a pu mesurer tout ce qui lui faisait encore défaut pour espérer briller aussi par-delà ses frontières. Quelques minutes seulement après le coup de sifflet final du premier match de l'histoire du club francilien dans la compétition, à Dublin, Sébastien Chabal, trop esseulé, commentait déjà la performance de sa formation sur sa messagerie Twitter. S'il a pu apprécier la "belle journée" et la "super ambiance au stade", le sportif préféré des Français a en revanche nettement moins goûté les absences des siens: "Notre manque de rigueur nous coûte cher. A méditer." Impression confirmée par son demi d'ouverture, Jérôme Fillol, interrogé sur RMC: "On fait des petites fautes d'inattention alors qu'on est bien dans le match. Ils reviennent dans le match à cause de nous. On a manqué de rigueur. En Coupe d'Europe, avec ce manque de vigilance, on se retrouve derrière la mine alors qu'on peut prendre le bonus défensif." Les 529 points du "Yach" L'expérience en H-Cup est inestimable. Toulouse, vainqueur sous la pluie d'un match-loterie face aux Wasps (18-16) et Biarritz, seul équipe à s'imposer à l'extérieur à Bath (11-12), en ont fait la démonstration. Au terme de deux matches ultra serrés face à deux équipes anglaises, les deux finalistes sortants ont pu compter sur leur vécu dans l'épreuve au moment de conclure dans le money-time. Une conquête qui ne lâche rien et un buteur d'exception pour traduire ses efforts: un duo gagnant. "Notre buteur a été précieux pour nous aujourd'hui (dimanche)", a rendu hommage Yannick Jauzion dans La Dépêche du Midi au sujet d'un Skrela, qui il y a deux ans déjà, en ouverture de la compétition, offrait la victoire aux siens face à Bath sur une ultime pénalité (18-16). La force de l'habitude... Dimitri Yachvili, lui, rajoute 12 unités à sa collection de 529 points inscrits en H-Cup - seuls Ronan O'Gara, Stephen Jones, Diego Dominguez et David Humphreys le devancent encore - pour déjà permettre au BO de prendre une option sur la qualification le week-end prochain, à Aguiléra, face à l'Ulster. Jack Isaac, l'entraîneur des trois-quarts biarrots, qui est à court de superlatifs sur l'inévitable Yachvili, sait aussi apprécier la valeur de l'engagement dans le combat. "Physiquement, les mecs sont très en forme, souligne-t-il dans Sud-Ouest. C'est clair que le côté physique ça nous aide beaucoup pour les fins de matches. On voit que les piliers (Eduard Coetzee, ndlr) sont capables de faire des courses de 30 mètres et des petits par-dessus et monter la ligne défensive après ça. C'est un signe que physiquement on est bien. C'est un grand facteur de nos dominations en fin de match." Des avants au rendez-vous de l'intensité réclamée par la H-Cup et un artificier d'envergure mondiale: le cocktail tout aussi gagnant que le RC Toulon a su concocter pour réussir à Mayol ses grands débuts dans l'épreuve face aux Ospreys et remporter là aussi un succès aussi court que précieux (19-14). Forcément comblé par ce baptême victorieux de son RCT, Mourad Boudjellal a accueilli ce succès avec l'un des bons mots dont il a le secret. "C'était la première fois ! On est ce soir le seul club invaincu dans l'histoire de la H-Cup, a apprécié le président toulonnais sur RMC. Je ne sais pas si Toulon réalise ce qu'on a fait. En battant les Ospreys, on a battu le Pays de Galles ! Il y a trois ans on jouait à Limoges en Pro D2. Je crois que le club a franchi un pas vers sa quête de Graal ce soir." Une quête que Clermont, placé par les bookmakers avec Toulouse en tête des pronostics pour la victoire finale, a également entamé dans la douleur par un succès. A Marcel-Michelin, face aux Saracens, défaits (25-10), c'était la défense à l'honneur pour les Clermontois, auteurs de 121 plaquages... contre 50 pour leurs victimes du jour ! Un acharnement que Vern Cotter a apprécié, même si les Champions de France, à l'image d'Anthony Floch, ont pu être surpris par la transition Top 14-H-Cup: "Il n'y avait rien d'alarmant depuis le début de l'année, mais à chaque fois on s'est appuyé sur notre défense. C'est ce qui s'est passé contre les Saracens. C'était plus intense qu'un match de Top 14, c'est un cran au-dessus. Ils nous ont très peu rendu le ballon, ils l'ont beaucoup déplacé et on ne s'attendait pas à ça." Elever son niveau d'exigence, une autre condition de la survie dans le milieu hostile de la Coupe d'Europe... L'Usap sans défense Une épreuve, où les points de bonus récoltés loin de ses bases, comptent cher dans le décompte final. Celui décroché par Castres à Northampton (18-14), malgré le vol manifeste par l'arbitre d'une victoire qui lui tendait les bras, n'a certainement pas le même poids que le bonus, offensif celui-là, arraché par l'Usap à Llanelli face aux Scarlets au terme d'un match sans queue ni tête (43-34). Un match à neuf essais qui ne fait confirmer l'inquiétante absence en ce début de saison des Catalans dans un registre défensif, qui la saison dernière encore constituait leur fonds de commerce. Les quatre essais concédés au Pays de Galles s'ajoutent aux quatorze déjà encaissés en Top 14, là où la formation de Jacques Brunel n'en accusait que six à pareille époque la saison dernière. Une érosion qui, à l'échelle de l'Europe, pourrait bien s'avérer rédhibitoire...