Réveillère profil bas

  • A
  • A
Réveillère profil bas
Partagez sur :

Appelé de dernière minute pour pallier le forfait de Bacary Sagna, Anthony Réveillère a réalisé une prestation pleine samedi dernier face à la Roumanie au Stade de France au poste de latéral droit. Pour autant, celui qui fait figure d'ancien en équipe de France malgré ses sept sélections ne revendique rien, affirmant juste profiter de l'instant présent.

Appelé de dernière minute pour pallier le forfait de Bacary Sagna, Anthony Réveillère a réalisé une prestation pleine samedi dernier face à la Roumanie au Stade de France au poste de latéral droit. Pour autant, celui qui fait figure d'ancien en équipe de France malgré ses sept sélections ne revendique rien, affirmant juste profiter de l'instant présent. Sept ans ! Ce lundi, jour de veille de France-Luxembourg, Anthony Réveillère fêtait, sans doute sans le savoir, le septième anniversaire de sa première apparition en équipe de France, le 11 octobre 2003 face à Israël (1-1), déjà dans le cadre des éliminatoires d'un Euro, celui de 2004, ce qui en fait presque le plus ancien international parmi les 23 actuellement réunis par Laurent Blanc, puisque seul Philippe Mexès, qui a fêté sa première cape le 16 octobre 2002 à Malte, fait mieux. Les deux hommes présentent d'ailleurs quelques similitudes, notamment celles d'avoir connu depuis leurs débuts en Bleu, un parcours assez chaotique avec l'équipe de France. Philippe Mexès ne compte en effet que 17 sélections en huit ans, là où Anthony Réveillère doit se contenter de 7, soit une par an depuis 2003 ! Pas toujours considéré comme un premier choix au poste de latéral, droit ou gauche, l'ancien Rennais a souvent été appelé pour jouer les « bouche-trous » ou les pompiers de service au gré des blessures des uns et des autres. C'est encore le cas pour le double affrontement face à la Roumanie et le Luxembourg, puisqu'il n'a dû qu'à la blessure de Bacary Sagna, l'habituel titulaire dans le couloir droit d'être convoqué par Laurent Blanc qui ne l'avait pas incorporé dans sa liste initiale des 23. "Jouer pour son pays, ça n'a pas de prix" A force, certains pourraient en prendre ombrage, pas « Antho » qui, à bientôt 31 ans, a appris à relativiser. "Quand on fait appel à moi, je réponds présent dans toutes les circonstances, a ainsi commenté lundi à Saint-Symphorien le préposé au point-presse de veille de match. Ma philosophie du foot, c'est ça, je suis content d'être en sélection, de représenter l'équipe de France et de jouer pour mon pays quand on a besoin de moi. Malheureusement, « Bac » s'est blessé, on a fait appel à moi, j'ai eu chance de jouer contre la Roumanie, c'est une satisfaction. Mais quand on vous appelle, on vient en courant parce que jouer pour son pays, ça n'a pas de prix. Je suis heureux d'être là, je profite du moment présent." Un discours que certains trouveront rafraîchissant quatre mois après l'épisode tragi-comique de Knysna, mais surtout le reflet fidèle de la personnalité d'un joueur qui, s'il ne fait pas de vagues, sait aussi faire preuve d'un caractère bien trempé. Il l'avait prouvé en novembre 2008 en refusant l'opération préconisée par le staff médical de l'Olympique Lyonnais suite à une rupture d'un ligament croisé du genou gauche, provoquant le scepticisme de Claude Puel, voire la colère de Jean-Michel Aulas. Mais à force de travail personnel et de conviction, le latéral dont la polyvalence est à double facette, à la fois atout et handicap, a réussi son coup, revenant cinq mois plus tard comme si de rien n'était. Résultat : une place de titulaire retrouvée en club et un retour dans les petits papiers de Raymond Domenech qui coche son nom in extremis dans la liste des 23 pour la Coupe du monde 2010 au détriment de Rod Fanni. Une Coupe du monde que le Lyonnais aura cependant vécue en marge, puisque, en dehors d'une participation à la piteuse défaite face à la Chine à La Réunion (0-1) en match de préparation (il n'avait alors plus joué en Bleu depuis quatre ans et demi !), il sera resté sur le banc, impuissant. En fin de contrat à Lyon Sanctionné comme les autres pour la mutinerie de Kynsna et donc privé du déplacement inaugural de l'ère Laurent Blanc en Norvège, il revient par la petite porte fin août, rappelé par le nouveau sélectionneur suite à la blessure de Lassana Diarra ! Comme quoi, l'intéressé a toujours un peu de mal à faire sa place dans une équipe de France dont il a pourtant connu au moins deux générations. De quoi être bien placé pour effectuer les comparaisons ? "Je n'aime pas les comparaisons, évacue l'intéressé. On m'a souvent demandé en club à Lyon de comparer les générations, mais il faut vivre avec le groupe présent, qui est jeune, se construit au fil des matches. C'est bien parce que ce groupe a beaucoup d'avenir, un gros potentiel." L'avenir immédiat de Réveillère, c'est le match de mardi face au Luxembourg et sans doute la possibilité d'enchaîner un deuxième match consécutif en Bleu, ce qui ne lui est arrivé qu'une fois dans sa carrière, en novembre 2005. Le précédant lundi en conférence de presse, Laurent Blanc a en effet confié, à propos de sa défense : "La défense risque d'être le seul secteur inchangé par rapport au match de la Roumanie, car ils ont besoin de jouer ensemble. Une défense, c'est la complémentarité, bien connaître ses partenaires, mais c'est aussi parce qu'ils me donnent entière satisfaction, ça fait deux matches qu'ils ne prennent pas de but, qu'ils sont performants." Réveillère est inclus dans le lot, avec sans doute un rôle un peu plus offensif à jouer que contre la Roumanie, Laurent Blanc souhaitant que son équipe attaque de loin. L'occasion rêvée pour le Lyonnais de s'affirmer encore plus, lui dont le contrat à l'OL expire en fin d'année. "Je ne me prends pas la tête avec ça, je ne pense pas à ma fin de contrat, on m'a appelé pour pallier blessure de « Bac », dans une vie de footballeur, il y a des opportunités, parfois ça se passe bien, d'autres moins bien." Surtout pas de vagues...